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ELDORADO

2.  La quête de l'Eldorado

Aux origines de la légende de l'Eldorado, on a voulu placer un fait véridique. Selon un récit de Gonzalo Fernández de Oviedo, les conquérants espagnols de Quito avaient entendu raconter, en 1534, qu'une tribu des hautes terres de Cundinamarca (dans l'actuelle Colombie) célébrait chaque année une cérémonie au cours de laquelle un cacique au corps recouvert de poudre d'or se baignait dans les eaux d'un lac sacré et y jetait, en offrande aux dieux, des objets d'or et d'argent. De là, la légende d'une contrée aux richesses fabuleuses... En fait, l'histoire du cacique couvert d'or (El Dorado) ressemble bien à une explication a posteriori. L'imagination des conquérants, bien avant 1534, situait dans les profondeurs inconnues du continent les richissimes royaumes de Meta, de Manoa, des Omeguas, de Cuarica, qui étaient peut-être les images déformées de l'empire inca ou des civilisations chibcha.

Dès 1531, Diego de Ordás avait entrepris de remonter l'Orénoque, pour atteindre le Meta ; ses anciens lieutenants Herrera et Ortal, stimulés par la conquête du Pérou, firent de nouvelles tentatives qui échouèrent tragiquement devant l'obstacle des jungles insalubres et l'hostilité des Indiens.

Plus à l'ouest, d'autres expéditions partirent de Coro, capitale du Venezuela concédé à la banque allemande des Welser, vers les richesses supposées de l'Occident. Ambroise Alfinger pénétra jusqu'au río Magdalena et entrevit les tribus chibcha, mais se fit tuer au retour (1529-1533). Son compatriote Jorge de Spira (de son vrai nom Hohermuth) atteignit le río Meta puis le Guaviare et arriva au pied des Andes, mais dut regagner Coro en 1538 après avoir perdu la plupart de ses hommes (1535-1538).

Son rival Nicolas Federmann ne fut guère plus heureux : après deux ans d'efforts, il franchit les Andes et arriva sur le haut plateau de Bogota (1537-1539) ; mais les riches royaumes chibcha étaient déjà occupés par Gonzalo Jiménez de Quesada, qui, venu de Santa Marta par le río Magdalena, avait soumis le pays et y avait ramassé un immense butin en or et émeraudes. Federmann arrivait trop tard pour en avoir sa part ainsi que Sebastián de Belalcázar, qui, parti de Quito, réussit à les rejoindre peu après.

Ainsi prend fin la première phase de l'histoire de l'Eldorado. S'il y a, en effet, quelque fonds de réalité dans la légende, il faut identifier l'Eldorado, et le Meta qui n'en est que la variante, avec la civilisation des Chibcha ou Muisca, célèbre par ses chefs-d'œuvre d'orfèvrerie, que Quesada venait précisément de découvrir.

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