3. Le Salvador contemporain
• Violences et tentatives réformistes
La victoire de l'opposition unie contre le dictateur Somoza au Nicaragua en juillet 1979 constitue, pour les Salvadoriens, un exemple à suivre. Le Foro popular rassemble à la fois les partis d'opposition déjà unis au sein de l'U.N.O., des syndicats, des associations. En revanche, les organisations de guérilla demeurent divisées, malgré quelques rapprochements. Le 15 octobre 1979, un groupe d'officiers renverse le président Romero. Les putschistes entendent sortir le pays de la crise politique et sociale par la démocratisation, une ambitieuse politique réformiste et la fin de la répression. Ils sont, dans un premier temps, appuyés par le Foro popular. La junte au pouvoir rassemble une alliance de centre-gauche inédite formée de militaires réformistes et de dirigeants civils de l'opposition. Elle ne durera que quatre mois. Dans un climat de plus en plus violent, le pays se polarise progressivement entre, d'un côté, l'opposition révolutionnaire qui fait le choix de l'insurrection armée et, de l'autre, un gouvernement au sein duquel les secteurs les plus durs de l'armée vont s'imposer.
Les efforts réformistes de la junte sont, en effet, combattus à la fois par l'élite traditionnelle et par les mouvements révolutionnaires. Pour la première, le volontarisme affiché de la junte est une atteinte à ses intérêts, d'autant qu'il est question de mettre en œuvre une réforme agraire. Pour une fraction des élites, il convient de combattre cette expérience par la déstabilisation violente : les escadrons de la mort apparaissent à ce moment-là, et s'attaquent à la fois aux dirigeants politiques et syndicaux des mouvements révolutionnaires et aux proches de la junte au pouvoir. Pour les seconds, en revanche, la junte réformiste ne va pas assez loin dans la rupture ; ils poursuivent donc leurs mobilisations, et leur lutte insurrectionnelle.
Au sein de la junte, les officiers favorables à la répression s'imposent sur les plus modérés, provoquant la […]
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