3. E.N.S.O., un phénomène mondial
Les téléconnexions entre la période chaude de l'E.N.S.O. dans le Pacifique (qui correspond à un El Niño dans le Pacifique central et oriental) et des changements climatiques globaux à court terme ont été mises en évidence pendant les années 1990. Les mécanismes physiques reliant ces variations climatiques sur des distances parfois très grandes (la moitié du globe) ont fait l'objet de nombreuses études. En 1995, le phénomène E.N.S.O. a été identifié dans les régions tropicales de l'océan Indien et de l'océan Atlantique (Y. M. Tourre et W. B. White, 1995) [fig. 2]. Pour la première fois, une analyse fine de la surface et de la zone de subsurface de ces océans a été rendue possible grâce à plus de 650 000 mesures effectuées par des bateaux marchands, des navires de recherche et de pêche ainsi que par les marines nationales. La somme de données utilisées couvre une période d'environ quinze ans. Par exemple, le phénomène E.N.S.O. a été mis en évidence dans les variations du contenu thermique des couches supérieures de l'océan Indien (400 premiers mètres). De plus, alors que ce signal se déplace très lentement (environ 30 cm/s) vers l'est en direction de l'Indonésie dans les mers de Timor et de Banda, il a été découvert que le réchauffement maximal au cœur de l'océan Indien se produit au moment même où l'El Niño dans le Pacifique oriental est à son maximum. Les deux événements climatiques sont alors dits « en phase ». L'origine du phénomène dans l'océan Indien semble être associée à des perturbations très fortes dans les vents de moussons dans l'ouest de cet océan. Les raisons de ces variations du vent et leurs relations avec l'indice d'oscillation australe (le S.O.I.) continuent de faire l'objet d'études approfondies.
À la surface de l'océan Atlantique équatorial, un réchauffement cyclique a aussi été découvert, mais de douze à dix-huit mois après la fin de l'El Niño dans le Pacifique oriental. Ce déphasage semble être lié à une réponse passive de l […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



