5. L'Égypte de Hosni Moubarak
Immédiatement après l'assassinat d'Anouar al-Sadate, le vice-président Hosni Moubarak, conformément à la Constitution, prend le contrôle du pays. Il fait arrêter les assassins et proclame à nouveau la loi sur l'état d'urgence qui, imposée depuis 1958, n'avait été levée qu'en janvier 1981.
Né en 1928 dans un milieu modeste, Hosni Moubarak est originaire de Manūfiya, région située dans le Delta. Il sort de l'académie militaire en 1949, puis de l'école de l'armée de l'air en 1950 et fait divers stages de perfectionnement en U.R.S.S. Après la défaite de 1967, il est nommé chef d'état-major de l'armée de l'air (1969), puis commandant en chef (1972). Promu général d'armée après la guerre de 1973, il est nommé deux ans plus tard par Sadate à la vice-présidence, confirmant ainsi le rôle central et incontournable de l'armée dans l'exercice du pouvoir d'État. En l'absence de candidats potentiels, c'est donc en toute continuité et à l'unanimité que s'opère au lendemain de l'assassinat de Sadate la passation de pouvoir, entérinée par le vote de l'Assemblée du peuple, puis par référendum, le 13 octobre 1981, avec 98,4 p. 100 de oui.
• En quête de reconnaissance internationale
L'homme, au moment de son accession au pouvoir, paraît à première vue sans identité, voire sans projet politique. D'aucuns le désignent comme un nouveau Nasser, d'autres le définissent plutôt comme un fidèle de Sadate. C'est bien là la caractéristique majeure du règne de Moubarak, celle d'une politique en mouvement pendulaire qui oscille entre deux héritages : le régime de Moubarak serait une synthèse complexe de capitalisme étatique largement dominé par l'armée, associé à une politique d'ouverture économique placée sous l'égide des institutions financières internationales, sur fond politique et social d'expériences timides de démocratisation. Les difficultés à promouvoir une gestion consensuelle des contradictions inhérentes aux deux héritages sont de trois ordres : poursuivre la politique d'ouverture économique engagée par Sadate ; maintenir les acquis de la révolution de 1952 ; se prononcer sur la politique à cond […]
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