2. De la R.A.U. à la guerre de Six Jours
• Un nouvel État
Le 1er février 1958, une déclaration commune annonce, au Caire et à Damas, la création de la République arabe unie (al-Gumhūriyya al-'arabiyya al-muttạhida). Les institutions du nouvel État sont soumises, le 21 février, à un référendum et adoptées à la quasi-unanimité. En même temps, Gamal Abdel Nasser est désigné comme président de la République arabe unie. Il promulgue, le 5 mars, une Constitution provisoire. Celle-ci prévoit un gouvernement central, siégeant au Caire, comprenant quatre vice-présidents (deux Égyptiens et deux Syriens) et neuf ministres, dont un Syrien. La province nord (Syrie) et la province sud (Égypte) sont administrées chacune par un Conseil exécutif de onze ministres dans le premier cas, dix dans le second. Un décret met fin, le 12 mars, à l'activité des partis politiques syriens au profit d'une Union nationale à constituer sur le modèle égyptien. Une loi définit, le 3 septembre 1958, un programme de développement économique de la Syrie pour la période 1958-1968, visant à doubler comme en Égypte le revenu national en dix ans. D'autres textes préparent une réforme agraire inspirée de l'exemple égyptien. En dépit de toutes ces mesures, le nouvel État est particulièrement vulnérable. Les deux régions unifiées n'ont aucune frontière commune. Bien plus, entre elles s'interpose sur les routes terrestres l'adversaire israélien. Inégales par la superficie, le nombre d'habitants et la cohésion politique, elles diffèrent aussi du point de vue économique : la province nord, où fleurit jusqu'ici la libre entreprise, ne connaît pas la pression démographique qui affecte la province sud.
L'année 1958 est dans l'expérience de l'unité une année de tâtonnement. Le président Nasser cherche à se concilier tous les groupes antagonistes de la population syrienne qui ont vu en lui l'ultime recours, mais pour des raisons fort différentes. Il pousse cependant sans défaillance à l'intégration des deux collectivités. L'armée est épurée, […]
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