5. Les Ayyoubides
Le vizir du dernier Fatimide, Saladin, fait, non sans quelque atermoiement, proclamer l'autorité du calife abbasside, ce que la paisible population de l'Égypte accueille avec une parfaite indifférence.
• Saladin et l'apogée des Ayyoubides
La puissance ayyoubide était née, et son originalité se fit sentir dans tous les domaines : militaire, par la mise en œuvre de toutes les ressources pour chasser les croisés de Syrie ; religieux, par la suppression du shi‘isme et l'institution d'un enseignement unifié à l'aide de la madrasa ; artistique, par la forme plus austère de l'architecture et une décoration plus proche de la géométrie, sans compter la suppression de l'écriture coufique dans l'épigraphie monumentale. Il convient donc de faire honneur à Saladin de l'élaboration et du succès de ce programme. Le sunnisme va être rétabli grâce à la création de ces établissements d'enseignement, soigneusement surveillés, d'où sortiront des professeurs dévoués et des fonctionnaires obéissants.
La nature des rapports avec les croisés va changer. L'ancien gouvernement du Caire avait adopté vis-à-vis du royaume latin une attitude assez passive : on tolérait le voisin en attendant des jours meilleurs ; on opérait des razzias, auxquelles l'adversaire répondait par des procédés semblables ; il en résultait la perte ou l'annexion d'un village et, des deux côtés, on faisait des prisonniers, qu'on échangeait ensuite.
Saladin commence par subir, en Syrie, l'ascendant des Francs, qui gagnent, en 1177, la bataille du mont Gisart, mais sont repoussés sous les murs mêmes de Damas en 1179. À cette date, Saladin avait réalisé l'unité de commandement en occupant tous les territoires musulmans de Syrie jusqu'à Alep, et, en 1182, il y joignait une partie de la haute Mésopotamie. C'est alors qu'il fit donner une leçon à Renaud de Châtillon, qui, de la principauté de Montréal (Shaubak), avait osé pousser une expédition jusqu'à une journée de Médine : l'escadre franque fut capturée et certains prisonniers ramenés à La Mecque, où ils furent, le jour des Sacrifices, égorgés rituellement comme les bêtes offertes en holoc … ]
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