3. Les méthodes de l'occupation romaine
• Une organisation traditionnelle
La plus grande habileté de Rome fut sans doute de ne pas bouleverser l'administration qu'elle hérita de ses prédécesseurs en aménageant un système qui avait fait ses preuves. Une organisation hiérarchisée de façon minutieuse conservait à l'empereur toute la réalité du pouvoir et toute initiative.
Tacite déclare (Histoires, I, ii) : « Ce sont des chevaliers romains qui, depuis le divin Auguste, à la place des rois, gouvernent l'Égypte et les troupes destinées à la contraindre. On crut bon de tenir attachée à la maison impériale cette province d'accès difficile, riche en céréales, divisée et changeante dans ses superstitions et ses dérèglements, étrangère aux lois, ignorante des magistratures. » Une union personnelle est ainsi établie entre l'empereur, administrateur par l'intermédiaire de son délégué direct, le préfet d'Égypte, et le pays dont les habitants sont tenus à l'écart des magistratures à cause de leur inaptitude à les exercer.
Traditionnelle en son principe, l'administration de l'empereur l'est aussi en ses modalités : cet empereur romain, qui figure en habit de pharaon sur les murs des temples d'Égypte, dispose d'un réseau de fonctionnaires directement calqué sur l'organisation ptolémaïque, elle-même issue de l'administration pharaonique. On retrouve donc les stratèges ou gouverneurs des nomes, assistés du scribe royal ou basilicogrammate, de nomarques, de toparques et topogrammates, de comarques et comogrammates, les uns directeurs, les autres scribes des subdivisions du nome. Sans doute les Romains apportent-ils quelques innovations de détail : les comarques ou chefs des villageois sont remplacés par une commission d'anciens, les presbyteroi ; la vieille police des « phylacites » est réorganisée ; les « villes grecques » (Alexandrie, Ptolémaïs, Naucratis, Antinooupolis) conservent le privilège d'avoir une assemblée, mais, de façon générale, les notables, soumis à la surveillance étroite des fonctionnaires impériaux, ne jouissent d'aucune initiative et les métropoles des nomes ne connaissent guère de vie politique qui leur soit propre.
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