6. Archéologie du Soudan
Passons à des centaines de kilomètres au sud vers un autre domaine, où le patrimoine mondial a failli connaître un désastre irrémédiable : la Nubie et le nord du Soudan. Tous ont encore en mémoire les appels lancés dans les années 1960 par l'U.N.E.S.C.O. en faveur du sauvetage des vestiges de la Nubie vouée à la submersion sous les eaux du grand lac Nasser. Comme nous l'avons rappelé, des dizaines d'expéditions scientifiques ont dû alors, à la hâte, explorer cette région. Toute la Basse Nubie a été totalement ennoyée, sous une soixantaine de mètres d'eau, parfois sur une largeur dépassant 30 kilomètres. Cependant les deux énormes temples d'Abu Simbel ont pu être hissés au sommet de la nouvelle rive et s'appuient à une haute montagne artificielle, témoignant de l'effort colossal que la conscience internationale a su accomplir pour sauver ces éléments du patrimoine universel. Actuellement, la Nubie, ce qu'il en reste du moins, et le Soudan continuent à être des secteurs de pointe de la recherche archéologique. C'est que, dans la perspective d'un développement considérable de l'archéologie africaine et dans les débats, souvent passionnés, que suscitent les hautes époques du passé du continent noir, la Haute Nubie et le Soudan prennent une importance capitale ; par une meilleure connaissance de ces régions, on espère pouvoir expliquer certaines influences de la vallée du Nil en Afrique ; inversement, on pourra peut-être mieux comprendre les composantes africaines de la civilisation égyptienne, souvent ignorées autrefois. Dans cette optique, le secteur compris entre la deuxième et la sixième cataracte du Nil ainsi que le Soudan méridional et occidental, demeurés longtemps de véritables zones de silence archéologique, ont suscité une attention particulière. Aussi a-t-on suivi avec intérêt l'entreprise de F. W. Hinkel, qui a travaillé à l'élaboration d'une carte archéologique du Soudan par régions ; les deux premiers volumes comportent de nombreuses cartes et une riche bibliographie.
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