2. Principes de l'écriture égyptienne
• Élaboration de l'écriture
L'écriture égyptienne est essentiellement pictographique, chacun des signes représentant l'objet qu'il signifie. La pictographie a été employée dans un grand nombre de civilisations, mais, alors qu'en Chine ou en Mésopotamie, par exemple, les caractères pictographiques évoluèrent rapidement vers des formes abstraites, les signes hiéroglyphiques restèrent identiques jusqu'à la fin de l'histoire égyptienne. Le hiératique et même le démotique ne sont que des tracés plus rapides des signes hiéroglyphiques.
Tout être, tout objet, qui pouvait être représenté graphiquement a été adopté comme signe d'écriture par les Égyptiens. La faune est uniquement africaine, et les objets appartiennent tous au matériel utilisé en Égypte, ce qui constitue une forte présomption en faveur de l'origine autochtone de l'écriture hiéroglyphique.
Pour écrire « arc », « oie », « sandale », le scribe dessinait un arc, une oie, une sandale. Ce sont alors des signes-mots, ou idéogrammes (du grec ́ιδ́εα, forme), qui retracent la forme de la chose. Ce principe resta inchangé jusqu'à la fin de la civilisation égyptienne. Lorsque, au cours des siècles, l'Égypte eut connaissance d'animaux ou d'objets étrangers à sa civilisation, elle se contenta de dessiner les nouveaux venus, comme le char de guerre, le cheval, le cimeterre.
Jusqu'à un certain point, les actions peuvent aussi être représentées par une image. Pour signifier l'action de courir, le scribe pouvait dessiner un homme en train de courir, pour « nager », un nageur, pour « voler », un oiseau en vol. Toutefois, si ingénieux soit-il, l'homme peut difficilement traduire dans le système pictographique des abstractions comme « se souvenir » ou « aimer ». Pour exprimer ces conceptions, sans pour autant renoncer à la pictographie, le système d'écriture égyptien utilisa deux principes additionnels : l'homophonie et le rébus graphique.
Le principe de l'homophonie est simple : dans la langue parlée, « échiquier » se disait men. Le dessin qui représ […]
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