L'écriture égyptienne apparaît en même temps que l'unification du pays, vers 3100 avant J.-C., et se développe rapidement. Ce n'est pas un hasard. La civilisation, en Égypte, dépend étroitement du Nil, car elle repose sur la bonne utilisation des eaux du fleuve. En effet, celles-ci seraient insuffisantes si l'inondation n'apportait, chaque année, une importante masse d'eau, qui permet la mise en valeur de champs que le Nil, en temps normal, ne pourrait alimenter en eau. Pour utiliser au mieux l'inondation, il faut contrôler, retarder le débit du fleuve en crue, d'où la nécessité de construire des digues qui le contiennent, des barrages qui retardent son écoulement. Il faut aussi aplanir le sol pour répartir l'eau uniformément, creuser des canaux pour l'amener le plus loin possible.
Toutes ces opérations exigent une administration forte et centralisée, car, pour être efficaces, elles doivent être faites à temps fixe tout au long de la Vallée. L'administration exige, à son tour, un outil de communication commode : cet outil est l'écriture ; aussi est-il normal qu'elle se soit développée en même temps que la monarchie centralisée.
1. Formes de l'écriture et déchiffrement
• Différents types d'écriture
Peu d'écritures sont aussi esthétiques que l'écriture égyptienne. Profondément gravés au fronton des temples ou le long des obélisques, ses signes contribuent à la beauté de l'architecture dont ils constituent souvent le seul ornement. La volonté esthétique est rendue manifeste par le groupement des signes et la direction de l'ensemble de l'inscription.
Profitant de ce que les signes sont de forme et de taille différentes, les uns verticaux, les autres horizontaux, certains petits, d'autres plus grands, le lapicide les groupe de façon harmonieuse. Par exemple, au lieu de graver :


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