3. Le culte des dieux : les temples du Nouvel Empire et du Ier millénaire
Construits pour abriter la statue d'un dieu, objet trois fois par jour d'un long rituel destiné à réanimer la puissance sacrée qui l'habite, les temples sont un réservoir de forces cosmiques dont la manipulation est réservée, en théorie, au seul pharaon et, dans la pratique, aux prêtres agissant au nom du roi, physiquement absent, mais omniprésent par l'image. Les temples de l'Ancien Empire, édifiés en brique, n'ont laissé que de maigres vestiges. Du Moyen Empire subsistent de rares sanctuaires complets en pierre, mais surtout des chapelles isolées, telle celle en calcaire de Sésostris Ier, aux piliers décorés d'élégants reliefs, dont les blocs ont été retrouvés dans les fondations du IIIe pylône du temple de Karnak. Il semble qu'à cette époque l'architecture religieuse reflète surtout des conceptions régionales et qu'il n'existe pas encore de programme d'ensemble pareil à celui mis en œuvre par les pharaons du Nouvel Empire et repris, dans ses grandes lignes durant le Ier millénaire, d'abord par les rois des dix dernières dynasties indigènes, puis par le clergé pendant la période gréco-romaine.
• Temples divins et temples « de millions d'années » sous le Nouvel Empire
Élevés pour la plus grande gloire du pharaon et des dieux, les temples du Nouvel Empire se signalent par des dimensions impressionnantes, propres au déroulement du culte divin journalier ainsi qu'à la célébration de grandes liturgies au cours desquelles le souverain réactualise son essence sacrée en renouvelant le pacte l'unissant au monde céleste. Les sorties du dieu, dont la statue est placée sur une barque portée à épaule d'hommes, nécessitent l'aménagement de vastes cours dans lesquelles peuvent se réunir les dignitaires exceptionnellement autorisés, pour ces occasions, à franchir l'enceinte des temples. Lorsque les déplacements mettent en jeu plusieurs sanctuaires, le trajet parcouru est marqué dans le paysage par des plantations ou par un d […]
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