Dans un pays qui compte une vingtaine de communautés religieuses différentes, l'Église maronite retient l'attention par le nombre de ses fidèles (quelque 1 400 000 en 2005), par son rôle historique dans la naissance du Liban, par son poids humain et politique, par son insertion dans le monde arabe, par le statut de son clergé et par sa place originale au sein de l'Église catholique. Elle est l'une des Églises qui résulte de l'éclatement confessionnel du patriarcat d'Antioche. Les maronites en rattachent la fondation à saint Maron (vers 350-433). En réalité, ses origines, plus récentes, se situent au viie siècle et se trouveraient dans son appui au monothélisme (ou unicité de volonté dans le Christ), compromis doctrinal proposé par l'empereur Héraclius Ier dans l'espoir de mettre fin aux controverses monophysites qui divisaient son empire depuis le concile de Chalcédoine (451). En fait, ce compromis fut rejeté par le concile œcuménique de Constantinople de 680 parce qu'il déniait au Christ une volonté humaine distincte de sa volonté divine, portant ainsi atteinte à sa parfaite humanité. Ce concile, ignoré ou refusé jusque-là, ne sera « reçu » par les maronites qu'en 1099. Au demeurant, la thèse de leur perpétuelle orthodoxie ne remonte qu'au xvie siècle.
À partir du xiie siècle, l'Église maronite se trouve en communion vécue avec Rome. Les croisades lui permettent un contact direct avec le siège apostolique, à l'égard duquel elle témoignera d'une indéfectible fidélité. Son patriarche assiste au IVe concile de Latran de 1215. Dans une série de synodes, de la fin du xvie au milieu du xviiie siècle, on relève même une forte influence des institutions et des usages liturgiques latins, adoptés sous l'égide de légats jésuites (Eliano, Dandini), tandis que des générations de prélats sortis du collège maronite, fondé à Rome en 1584, renforcent le même courant. En dehors des emprunts au concile de Trente, on notera l'interdiction du divorce (1580) et la création de diocèses (1736), demeurés inconnus dans une Église […]
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