Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

GESÙ ÉGLISE DU

Le pape Paul III concède, en 1541, à la Compagnie de Jésus (approuvée en 1540) la petite église de Santa Maria della Strada, à Rome. Quelques années plus tard, on décide de construire un nouvel édifice dédié au saint nom de Jésus, l'église du Gesù, dont Giovanni di Bartolommeo Lippi dit Nanni di Baccio Bigio donne les plans. La première pierre est posée en 1550, en présence de saint Ignace et de saint François Borgia. Mais des difficultés surgissent, et l'on demande à Michel-Ange un nouveau dessin qui ne sera pas non plus réalisé : une troisième cérémonie de pose de la première pierre a lieu en 1568. Le cardinal Alexandre Farnèse assume les frais de l'entreprise. Le projet est dû à Vignole, assisté de l'architecte de la Compagnie. Mais en 1571, lors du commencement des travaux pour la façade, on repousse les plans de Vignole pour adopter ceux de Giacomo della Porta. L'inauguration de l'église a lieu en 1575, pour l'année sainte, alors que la couverture n'est pas encore achevée. L'édifice ne sera consacré qu'en 1584.

L'église, telle qu'elle est réalisée, offre un plan en croix latine, avec un transept à peine saillant dont une coupole couvre la croisée. La nef ne comporte qu'un seul vaisseau bordé de trois chapelles couvertes de coupolettes. De chaque côté de la travée du chœur s'ouvrent deux chapelles-oratoires utilisées par les pères jésuites pour leurs adorations journalières. La nef et le chœur sont rythmés par des pilastres à l'antique dont l'entablement supporte une voûte en berceau éclairée par des fenêtres hautes. Des tribunes donnant sur la nef s'intègrent avec les chapelles dans la hauteur de l'ordre. La façade, suivant le dessin de Giacomo della Porta, est divisée en deux niveaux scandés par des pilastres ; des consoles renversées amortissent la différence de largeur des deux parties.

Le décor intérieur est tout d'abord très limité, seule la coupole étant ornée de peintures dues à Giovanni de Vecchi. Sur la voûte de la nef, la fresque représentant Le Triomphe du nom de Jésus ne sera réalisée que dans la deuxième moitié du xviie siècle par Gaulli dit le Baciccia. À cette époque Gaulli décore également à fresque les chapelles du transept, et donne le dessin des stucs qui seront exécutés par Ercole Antonio Raggi et Leonardo Reti. Gaulli y réussit la synthèse entre le coloris lumineux de son maître Pierre de Cortone et l'ampleur théâtrale du Bernin. L'architecture de cette église a été maintes fois reprise dans tout l'Occident. On a voulu en faire le prototype d'un style nouveau : le style jésuite. Cette notion paraît peu appropriée car, si l'on retrouve dans nombre d'églises de collèges la même organisation de l'espace qui répond aux besoins de la Compagnie, le type de la façade s'est diffusé bien au-delà de l'ordre ; les Jésuites ne se sont nullement limités à répéter la formule du Gesù, mais ont su utiliser librement toutes sortes de style.

 […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« GESÙ ÉGLISE DU » est également traité dans :

BACICCIA GIOVANNI BATTISTA GAULLI dit (1639-1709)

Écrit par :  Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE

… *À Gênes, Baciccia étudie les œuvres de Perino del Vaga, de Barocci et aussi celles de Rubens, de Van Dyck, avant de partir pour Rome en 1657. Attiré par Bernin, alors au faîte de sa gloire, mais désormais occupé exclusivement d'architecture, Baciccia adhère totalement à sa vision plastique. Un séjour à Parme (1661) lui fait connaître l'art de… Lire la suite
BAROQUE

Écrit par :  Claude-Gilbert DUBOISPierre-Paul LACASVictor-Lucien TAPIÉ

Dans le chapitre "Le baroque italien"  : …  laissés aux initiatives locales, et seulement contrôlés et approuvés par Rome. Dans le cas du *Gesù de Rome, ainsi que l'a démontré le père Pirri, une intention de sévérité, de sobriété, qui a les préférences des pères, doit se concilier avec le goût plus fastueux du donateur et protecteur, le cardinal Alexandre Farnèse, prélat de la… Lire la suite
ÉGLISE, architecture

Écrit par :  Alain ERLANDE-BRANDENBURG

Dans le chapitre "La réforme catholique et le concile de Trente"  : …  neuves exprimaient les changements profonds que sous-tendaient les prescriptions tridentines. *L'église du Gesù, à Rome, répond ainsi aux exigences de la Compagnie qui les avait clairement exprimées à l'architecte finalement retenu. Tout n'est pas nouveau dans le plan de l'édifice, dont bien des aspects rappellent celui des ordres mendiants du… Lire la suite
JÉSUITE ART

Écrit par :  Pierre CHARPENTRAT

Dans le chapitre "Y a-t-il un style jésuite ?"  : …  du gothique comme de Vitruve, et Moisy a ramené à ses justes proportions l'influence du fameux *Gesù, l'église de la grande maison professe, le premier édifice romain de la Compagnie (Vignole, 1568). Ils implantent solidement, en revanche, une liturgie et des formes de dévotion, un style de vie chrétienne, qu'ils n'ont d'ailleurs pas inventés… Lire la suite
PEINTURE - Les catégories

Écrit par :  Antoine SCHNAPPER

Dans le chapitre "Voûtes et plafonds"  : …  fictif et espace réel en faisant déborder faux nuages et figures hors du cadre supposé de la percée* (Gaulli, dit le Baciccio, au Gesù de Rome). Au xviiie siècle, une certaine simplification des moyens et du décor aboutit, par exemple chez un Tiepolo, à tendre, parfois sans même l'appui de la quadratura, un ciel fictif… Lire la suite
POZZO ANDREA (1642-1709)

Écrit par :  Germain BAZIN

Dans le chapitre "L'architecte"  : …  baroque. Au contraire, l'autel de saint Ignace, dans le croisillon nord du transept de l'église du *Gesù, est une des manifestations les plus nobles du baroque romain et une des créations les plus typiques de cette liturgie triomphale, qui célèbre la foi catholique dans un de ses héros. Le père Pozzo a prodigué ici les matières les plus précieuses… Lire la suite
ROME

Écrit par :  Géraldine DJAMENTSylvia PRESSOUYRE

Dans le chapitre "Le catholicisme triomphant"  : …  de la religion. Le monument de la victoire de l'Église, à la gloire de l'ordre des Jésuites, le *Gesù, est entrepris en plein centre de la ville (à partir de 1568). L'énorme bâtiment du Collège romain, dessiné par Ammannati, s'implante non loin de la via Lata (1585). L'église des Oratoriens, ou Chiesa Nuova, est construite à dessein sur l'… Lire la suite

Afficher la liste complète (7 références)

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média