Biochimiste américain, professeur à l'université Stanford (Californie), puis à l'Institut Rockefeller (New York). Formé à l'université de Chicago, Edward Tatum étudie successivement la chimie, la microbiologie et la biochimie. En 1934, il soutient une thèse sur la nutrition et le métabolisme des bactéries, un travail qui sera la base de sa fructueuse collaboration avec le généticien G. W. Beadle dès 1936, à l'université Stanford. Beadle s'intéresse alors au rôle des gènes dans l'hérédité et plus précisément à leur action chimique. En exposant des organismes aux rayons X, on peut provoquer des mutations et les modifications biochimiques qui s'ensuivent peuvent être analysées. Le premier modèle d'étude – biosynthèse des pigments oculaires de la drosophile Drosophila melanogaster – étant trop complexe, Tatum et Beadle décident de développer un système expérimental plus simple avec la moisissure Neuspora crassa. Tatum met au point les conditions de culture nécessaires à la croissance optimale de ce champignon. Une fois la moisissure irradiée, son aptitude ou non à croître sur des milieux synthétiques de composition connue permet de révéler des modifications biochimiques associées à une mutation génétique aisément identifiable et localisable. Ainsi, à un gène muté correspond une enzyme altérée, d'où le dogme « un gène-une enzyme » ou, plus généralement « un gène-une protéine », qui dominera la génétique pendant quelques décennies.
De 1945 à 1948, Tatum enseigne la microbiologie à l'université Yale et y a pour étudiant Joshua Lederberg, qui appliquera avec succès le système expérimental de Beadle et Tatum à l'étude de la génétique des bactéries. Pour le concept « un gène-une enzyme », Tatum a reçu avec Beadle le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1958. Lederberg en fut le troisième lauréat.
Samya OTHMAN
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