Issu d'une famille aisée, Edward Gibbon perd sa mère en 1747 et est confié aux soins d'une tante qui se charge de son éducation. Sa jeunesse, maladive, difficile, est tout entière consacrée à la lecture, et sa vocation est précoce. Il note, dans ses Mémoires, que, dès l'âge de douze ans, il avait découvert sa propre voie, l'histoire. Jeune, il était déjà fort indépendant dans ses goûts et dans ses études, et il garda par la suite le caractère de chercheur solitaire. Son œuvre est ainsi due à son propre génie, et elle est marquée, d'un bout à l'autre, par le sceau de sa puissante personnalité. Envoyé dans un collège d'Oxford en 1752, à l'âge de quinze ans, il n'y trouve pas l'aide ni les soins qu'il pouvait souhaiter. En 1753, à Londres, à la suite d'une crise de conscience, il se convertit au catholicisme. Son père, courroucé, l'envoie à Lausanne où il est confié à la surveillance d'un ministre calviniste, le révérend Daniel Pavillard. Auprès de cet homme rigoureux mais savant, il peut parfaire sa culture et acquérir une excellente connaissance de la langue et de la littérature françaises. À la fin de 1754, Gibbon abjure sa nouvelle foi et revient au protestantisme. Rentré en 1758 en Angleterre, il publie en 1761 son premier ouvrage en français, Essais sur l'étude de la littérature, qui paraît en anglais en 1764. En 1763, Gibbon avait vécu quelque temps à Paris, où il avait fait la connaissance de Diderot et de D'Alembert. L'année suivante, il traverse les Alpes, arrive à Rome, où il prend un contact direct avec la ville, visite aussi Naples. Son père meurt en 1770, avant qu'il n'ait trouvé, à l'intérieur de l'histoire, son sujet précis de recherche. Mais peu après, installé à Londres, Edward Gibbon décide de se consacrer à l'histoire romaine, qui va occuper le reste de son existence. Sa vie d'écrivain se double d'une existence mondaine dans les cercles londoniens.
En 1776 paraît le premier volume de The History of the Decline and Fall of the Roman Empire. Aussitôt, il rencontre le […]
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