Probablement le représentant le plus prestigieux de l'anthropologie britannique, Evans-Pritchard se montre soucieux d'allier le détail recueilli avec soin sur le terrain à l'explication fonctionnelle sans passion. En cela, il fut un élève modéré de Malinowski, mais jamais son disciple. E.-P., comme ses élèves l'appelaient, ajouta à cette tradition de très fortes préoccupations historiques chaque fois que cela était possible.
Il étudia l'anthropologie à la London School of Economics avec Claude Gabriel Seligman. Lorsque ce maître et sa femme Brenda n'eurent plus la force physique de poursuivre leurs recherches dans ce qui fut le Soudan anglo-égyptien, Evans-Pritchard prit leur suite. Entre 1926 et 1936, il mena six expéditions dans ce pays. Il n'intégra dans son œuvre que les recherches détaillées entreprises chez les Nuer et les Azande, portant au crédit de Seligman ce qu'il avait recueilli chez les Luo, les Anuak et les Shilluk.
En 1937, il publia son premier grand ouvrage, Sorcellerie, oracles et magie chez les Azande (trad. L. Evrard, Paris, 1972). De 1931 à 1934, il fut professeur de sociologie à l'université du Caire, puis devint, à Oxford, directeur de recherches en sociologie africaine. Il fut alors en contact suivi avec A. R. Radcliffe-Brown, dont il subit profondément l'influence. Il dirigea avec Meyer Fortes un important recueil d'études sur les Systèmes politiques africains (trad. P. Ottino, Paris, 1964) et publia le premier volume de sa trilogie sur les Nuer, Les Nuer. Description des modes de vie et des institutions politiques d'un peuple nilote (trad. L. Evrard, Paris, 1968).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée britannique utilisa ses compétences pour organiser la révolte des tribus bordières contre les Italiens établis en Éthiopie. En 1942, il devint conseiller politique de l'administration militaire britannique en Cyrénaïque. Il passa deux ans parmi les Bédouins et en tira un grand livre, The Sanusi of Cyrenaica (1949), où une part considérable est accordée à l'histoire dans l'e […]
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