Comme Maillart et Freyssinet, l'Espagnol Torroja était ingénieur et, comme eux, il porta ses recherches vers les possibilités offertes par le béton armé (il fut directeur de l'Institut technique de la construction et du ciment de Madrid). La formation technique de Torroja lui aura été plus utile qu'une connaissance de l'histoire de l'architecture : parti d'une réflexion sur la structure, et non plus l'ossature, il invente la construction en coque, où tous les points ont la même importance et où l'opposition entre l'élément porteur et l'élément porté est abolie par une distribution spatialisée mais partagée des forces en jeu. On peut dire que la réévaluation du toit comme élément fondamental dans l'architecture aura été, au prix d'un certain illusionnisme, le geste majeur de Torroja (ceux du marché couvert d'Algésiras, en 1933, et de l'hippodrome de la Zarzuela à Madrid, en 1935, le rendirent célèbre). Bien qu'il défende la simplicité et l'« objectivité » en architecture, comme il le déclare dans son livre Philosophy of Structures, publié à Berkeley en 1958, Torroja ne se débarrassera jamais d'un certain baroquisme : la disparition totale d'éléments porteurs (les toits, […]
