
Chimiste allemand né à Munich et mort à Focṣani (Roumanie). Eduard Buchner effectue ses études de chimie à Munich sous la direction d'Adolf von Baeyer. Sous l'influence de son frère Hans, qui deviendra un bactériologiste connu, il s'intéresse à l'étude de la fermentation alcoolique, mais ses recherches sont d'abord orientées vers la chimie organique. Il soutient son doctorat en 1888, devient assistant de Baeyer en 1890 et publie entre 1885 et 1905 de nombreux articles de synthèse organique.
Grâce à Bayer, il dispose en 1891 d'un petit laboratoire pour ses recherches personnelles. Son frère lui suggère d'essayer de broyer les cellules de levures et d'extraire le suc intracellulaire ; on venait de montrer que le sérum sanguin possède des propriétés antiseptiques envers des bactéries et les deux frères Buchner pensent que le suc de levures peut présenter également un intérêt thérapeutique. La difficulté était de pouvoir rompre les membranes des cellules sans altérer les structures chimiques de leurs composants. Les supérieurs de Buchner à l'université de Munich jugent ses idées totalement dépourvues d'intérêt et refusent de soutenir ses recherches. Buchner accepte alors en 1893 un poste à l'université de Kiel puis, en 1896, à l'université de Tübingen. Cette même année, alors qu'il passe ses vacances à Munich dans le laboratoire de son frère devenu professeur, Buchner réalise l'expérience qui va révolutionner la biochimie naissante. Il broie dans un mortier de la levure mélangée à du sable et à de la terre de diatomées. La pâte plastique obtenue, enveloppée dans un tissu, est soumise à l'action d'une presse hydraulique et le suc exprimé est recueilli ; tout cela réalisé uniquement par des moyens mécaniques, sans utilisation de températures élevées ou d'agents chimiques qui auraient pu modifier les structures. Buchner constate alors que le suc inerte obtenu par broyage des cellules est capable de provoquer la fermentation du sucre, en donnant de l'alcool et du dioxyde de carbone, exactement comme le font les cellules intactes. Buchner vient ainsi de montrer expérimentalement que les fermentations ne nécessitent pas obligatoirement la présence d'organismes vivants comme le soutenaient les partisans de la « force vitale » : ce sont les enzymes (le premier terme utilisé par Buchner est zymase), synthétisées par les cellules, qui catalysent les réactions comme celles qui interviennent dans le phénomène de fermentation. Buchner est à juste titre considéré comme un des fondateurs de la biochimie, en particulier de l'enzymologie. Il est tué en 1917 sur le front roumain où il servait comme officier volontaire. Il avait reçu le prix Nobel de chimie 1907.
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