Femme de lettres irlandaise née le 15 décembre 1930 à Twamgraney, dans le comté de Clare (Irlande).
Edna O’Brien commence à écrire des saynètes et des contes dès son enfance. Après avoir reçu une éducation stricte dans un couvent catholique, elle part étudier la pharmacie à Dublin, où elle obtient son diplôme en 1950. En 1952, elle épouse le romancier Ernest Gebler, dont elle aura deux fils. En 1959, le couple s’i nstalle à Londres. Edna se consacre désormais entièrement à l’é criture et divorcera au milieu des années 1960.
Son premier roman populaire, The Country Girls (1960, Les Filles de la campagne), est le premier volume d’une trilogie éponyme. Il raconte l’histoire de deux jeunes paysannes irlandaises qui quittent leur foyer autoritaire et le couvent où elles étudient pour connaître la vie excitante et romantique de Dublin. La suite de leurs aventures est retracée dans The Lonely Girl (1962) et Girls in Their Married Bliss (1964), récit de la vie de deux femmes, installées à Londres, déçues par le mariage et les hommes en général. Parmi les autres romans d’Edna O’Brien, citons encore August Is a Wicked Month (1965, Le Joli Mois d’août), Casualties of Peace (1966, Les Victimes de la paix), Night (1972, Nuit), Johnny I Hardly Knew You (1977, Qui étais-tu, Johnny ?), The High Road (1988, Les Grands Chemins), House of Splendid Isolation (1994, La Maison du splendide isolement), Down by the River (1996, Tu ne tueras point), In the Forest (2002, Dans la forêt) et The Light of Evening (2006).
Edna O’Brien révèle dans son œuvre le désespoir que suscite en elle la condition des femmes dans la société contemporaine et plus particulièrement leur éducation répressive. Ses héroïnes tentent en vain de s’épanouir dans leurs relations avec les hommes, en s’e ngageant habituellement dans des histoires vouées à l’échec afin d’o ublier la solitude et le manque d’amour. Le ton triste de ses romans, remarqués pour leurs descriptions évocatrices et leur candeur sexuelle, est cependant interrompu par des envolées lyriques et par les brèves périodes de bonheur que traversent ses personnages.
Edna O’Brien est également l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles, tels The Love Object (1968), A Scandalous Woman and Other Stories (1974), A Fanatic Heart (1984, Un cœur fanatique) et Lantern Slides (1990, Lanterne magique). On lui doit aussi des pièces pour le théâtre et la télévision, des scénarios de cinéma ainsi qu’un ouvrage non romanesque sur l’Irlande, Mother Ireland (1976). En 1999, elle publie une courte étude sur James Joyce, applaudie par la critique. Comme cet auteur et Frank O’Connor, elle souffre de la censure et voit certaines de ses œuvres interdites en Irlande pour irréligiosité.
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