4. Une théorie de la prudence
Quoi qu'on puisse penser de ces positions et du pessimisme profond dont elles témoignent à l'égard de la nature humaine, les conseils politiques de Burke ne sauraient manquer de toucher tout homme avisé. Il importe de ne se pencher « sur les défauts de l'État que comme sur les blessures d'un père, dans la crainte et le tremblement », car on ne saurait toucher à une partie d'un organisme sans que cette action ne retentisse sur le tout. « Tout homme politique devrait sacrifier aux Grâces et unir l'aménité à la raison. »
Dans cette perspective, on ne saurait considérer Burke comme un simple réactionnaire, mais comme un libéral antirévolutionnaire, apôtre de réformes longuement méditées et expérimentées. Du sublime nul n'est maître, ne cesse-t-il de répéter. Aussi bien nous faut-il employer toute notre énergie à le reconnaître en son lieu, à dénoncer ses faux-semblants et à préférer toujours le lent travail de la douceur aux préjudices d'une violence, née d'un nouvel arbitraire.
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