Parmi les auteurs dramatiques qui lui furent contemporains – Sardou, Courteline, Feydeau, Tristan Bernard, Bernstein, Porto-Riche, Maeterlinck –, le nom d'Edmond Rostand brille d'un éclat singulier en raison d'une seule pièce de théâtre qui lui a assuré la gloire : Cyrano de Bergerac. Ce chef-d'œuvre a éclipsé ses autres publications : poésies, autres pièces de théâtre, écrits en prose, composés dans une langue élégante et alerte, pleine d'inventions métriques, lexicales ou stylistiques.
1. La gloire à vue de nez
Edmond Rostand naît à Marseille dans une famille aisée et cultivée, le 1er avril 1868. Il achève ses études secondaires à Paris, au collège Stanislas. En 1887, il obtient un prix littéraire pour un essai intitulé Deux Romanciers de Provence : Honoré d'Urfé et Émile Zola. Renonçant au barreau, il décide de se consacrer à la littérature. Après Le Gant rouge (1888), un vaudeville, il publie Les Musardises (1890), recueil poétique non dénué de charme : « L'idée est délicate et la forme la blesse / Des poèmes trop faits. » Cette même année, il épouse la poétesse Rosemonde Gérard (1866-1953) qu'il a connue à Luchon, lieu de vacances de leur jeunesse.
Après Les Deux Pierrots (1891), lever de rideau, qui resta sans écho, Les Romanesques, comédie en vers, antinaturaliste, sur des amours contrariées par des rivalités familiales, représentée à la Comédie-Française le 24 mai 1894, marque le début du succès. La même année voit la naissance de Jean (1894-1977), son second fils, futur biologiste, après Maurice (1891-1968), qui sera écrivain.
Sarah Bernhardt (1844-1923) va inspirer à Rostand deux pièces en vers, dont elle interprète le rôle-titre : La Princesse lointaine (1895) évoque l'amour éperdu du troubadour Joffroy Rudel pour Mélissinde, princesse orientale ; représentée le 5 avril 1895, la pièce fut rapidement retirée de la scène. Au contraire, La Samaritaine (1897) qui évoque la conversion d'une pécheresse transfigurée par sa rencontre avec le Christ telle que la rapporte l'Évangile de J […]
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