La carrière du théologien Edmond Richer, né à Chesney en Champagne, se développa dans le cadre universitaire parisien, d'abord au collège du cardinal Lemoine, dont il devint recteur en 1595, puis à la Sorbonne, dont il fut nommé syndic en 1602. Après avoir été ligueur, il devint partisan résolu d'Henri IV et consacra le meilleur de son énergie et de son érudition à défendre non la personne du roi mais les droits de la monarchie et du parlement dans la vie et le gouvernement de l'Église. Sur le plan universitaire, ces conceptions gallicanes le firent s'opposer vigoureusement aux empiétements des ordres religieux, et tout spécialement des Jésuites.
C'est d'abord dans une publication nouvelle des œuvres du chancelier Gerson (1606) que Richer manifeste ses opinions, faisant sienne la thèse de la supériorité du concile sur le pape. Il expose systématiquement sa doctrine dans son De ecclesiastica et politica potestate (Paris, 1611) : l'Église de Jésus-Christ tient de son fondateur, qui demeure son seul véritable chef, infaillibilité dans la transmission de la foi et pouvoir pour conduire les fidèles à leur destinée surnaturelle. L'infaillibilité, qui n'est pas prérogati […]
