Sculpteur parmi les plus illustres sous le règne de Louis XV, Bouchardon est considéré par ses contemporains comme l'artiste qui a « amené le goût simple et noble de l'antique » (Cochin). Son rôle fut en effet celui d'un précurseur : alors que les Adam et les Slodtz portaient à son extrême épanouissement le style rocaille, il s'en détourna pour se faire l'interprète du mouvement culturel qui, à partir de nouvelles connaissances archéologiques, préconisait le retour à un idéal classique. Son œuvre, accomplie avec une rigueur de théoricien, annonce et, dans une certaine mesure, prépare le classicisme de la fin du siècle ; appréciée par les fervents de l'art antique, tel le comte de Caylus, elle ne rencontra pas la faveur du grand public.
Bien qu'il ait exercé après sa mort une influence considérable, E. Bouchardon n'a pas formé une école ; ce n'est pas son élève Vassé, mais Pigalle, qu'il indiqua lui-même comme son véritable successeur.
Fils d'un modeste sculpteur provincial, Bouchardon reçut sa première formation dans l'atelier de son père. Il quitta Chaumont en 1722 pour entrer à l'école de Guillaume Cou […]
