4. Les principaux textes
On ne retiendra ici que les poèmes les plus importants, en conservant la division traditionnelle en poèmes mythologiques et poèmes héroïques ou épiques.
• Les poèmes mythologiques
Il est possible de les classer en fonction du dieu dont ils traitent. Concernent Ódinn (Odin) : les Hávamál (Dits du Très-Haut), les Vafthrudnísmál (Dits de Vafthrudnir) et les Grimnismál (Dits de Grimnir). Thórr (Thor) est le héros du Hárbardsljód (Lai de Hárbardr), de la Hymiskvida (Chant de Hymir), de la Thrymskvida (Chant de Thrymr) et des Alvíssmál (Dits d'Alvíss) ; Loki, celui de la Lokasenna (Invectives de Loki) ; Freyr, du Skirnisför (L'Expédition de Skirnir) ; Baldr, des Baldrsdraumar (Rêves de Baldr) ; Freyja, du Hyndluljód (Lai de Hyndla) ; Heimdallr, de la Rígsthula (Chant de Rígr). D'un point de vue littéraire, les Hávamál, les Vafthrudnismál, les Grimnismál et les Alvíssmál sont des poèmes gnomiques ; la Hymiskvida, la Thrymskvida, le Skirnisför et le Grógaldr (Incantation de Gróa) sont de caractère plus épique : la Lokasenna et le Hárbardsljód sont plus satiriques ; le Gróttasöngr (Chanson de Grótti) a un accent magique. Beaucoup de ces œuvres s'inspirent plus ou moins du genre très célèbre au Moyen Âge de la joute ou jeu parti (ainsi, surtout, les Vafthrudnismál, les Alvíssmál et les Énigmes de Gestumblindi).
On retiendra plus spécialement ici quatre réussites :
La Rígsthula d'abord, écrite pour justifier une conception tripartite de la société (esclaves, hommes libres, roi) en lui donnant une origine divine : c'est le dieu Rígr-Heimdallr lui-même qui institue cet état de choses. Cette œuvre étrange ne dédaigne pas un humour dru, assez rare. Voici le portrait de la serve :
Arriva à l'enclos une fille
Dégingandée, jambes arquées.
Avait de la fange à la plante […]
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