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EDDAS

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3.  Forme, techniques, genres

Cette originalité n'est pas seulement due au contenu. Elle tient autant, sinon davantage, à l'art dont on n'a pas fini de s'émerveiller : il fait irrésistiblement penser aux arabesques savantes, aux motifs décoratifs hautement élaborés que l'on admire dans les productions artistiques de l'époque viking, bijoux ciselés, proues sculptées, tapisseries.

L'écriture n'ayant fait son apparition dans le nord que vers l'an 1000 – les runes qui la précédèrent ne se prêtaient guère à la rédaction de textes longs – il s'ensuit qu'il a fallu que ces textes se gravent dans la mémoire et que tous les procédés mnémotechniques y aient eu droit de cité. Les auteurs en ont favorisé deux : le jeu de l'accentuation, fortement marquée dans ces langues, et celui des allitérations. En termes brefs, expressifs, soutenus par cette trame des temps forts et des retours de sonorités identiques, le poème relate, en resserrant l'énoncé au maximum et, parfois, jusqu'à l'obscurité, hauts faits, souvenirs glorieux, thèmes sacrés. Comme une basse continue, le savant lacis des répétitions de phonèmes sous-tend le récit et le guide. Ainsi la poésie eddique est-elle de nature éminemment orale.

En principe, chaque poème consiste en une série de lignes ou, plus exactement, d'unités de rythme et de sens qui couvrent deux vers, lesquels doivent supporter quatre accents ou temps forts et, en outre, être intimement liés, et par une allitération consonantique ou vocalique à trois termes dont la clef est donnée par la sonorité accentuée du premier temps fort du deuxième vers :

Hrauzk ór hervádum,
Hratt á völl brynju (Il jaillit de son armure,
 Rejeta sur la plaine sa cotte de mailles),

et par une « rime » (en vérité, un retour de graphie) à l'intérieur de chaque vers :

Glumdi á gjálfrtömdum(umd-ömd)
Gestils skeidhestum(est-est)
Eldr of allvaldi(eld-ald)
Aegis nafnfraegjum(aeg-aeg)(Clapotait sur le vacarme des vagues
Le courrier de Gestill [le bateau],
Le feu du tout-puissant
Aegir le renommé [le bateau])

Ainsi se crée l'unité : ce type de vers s'appelle fornyrdislag (mètre des chants anciens), málaháttr (mode des dits) ou ljódaháttr< […]

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Autres références

« EDDAS » est également traité dans :

EDDAS, livre de anonyme

Écrit par :  Régis BOYER

Ces deux recueils islandais du xiiie siècle, l'un poétique, l'autre dit « en prose », nous donnent, dans une forme hautement élaborée, la majorité des textes sur lesquels nous nous fondons pour connaître la mythologie des anciens Scandinaves. Ils comptent parmi les fleurons de nos lettres médiévales occidentales. On appelle… Lire la suite
BRÜNHILD, BRÜNNHILDE ou BRYNHILDR

Écrit par :  Universalis

…  Brünnhilde ou Brunehilde selon les sources, elle est le personnage principal des poèmes épiques de* l'Edda poétique où elle apparaît, mais son rôle est nettement réduit dans La Chanson des Nibelungen. La figure d'une vierge farouche qui a fait vœu d'épouser un homme doté de qualités exceptionnelles et capable de la surpasser au… Lire la suite
FREYJA

Écrit par :  Régis BOYER

… *Dans la mythologie du Nord, la déesse Freyja occupe une place centrale, mais il est difficile de cerner exactement sa personnalité : son caractère licencieux explique que les commentateurs du Moyen Âge, qui constituent nos sources principales et qui étaient chrétiens, se soient montrés discrets. De plus, pour des raisons philologiques évidentes,… Lire la suite
GRUNDTVIG NICOLAI FREDERIK SEVERIN (1783-1872)

Écrit par :  Frederik Julius BILLESKOV-JANSEN

Dans le chapitre "Poésie et mythologie"  : …  comme l'avaient fait Platon et surtout Plotin, et voit dans les célèbres poèmes de l'*Edda un drame universel. L'absolu s'y appelle Alfader (Allfadir, le Père universel). De la matière inerte proviennent les divinités mauvaises, les géants ; pour les exterminer, Alfader disposait des bonnes divinités, les Ases. Mais, par… Lire la suite
ISLANDE

Écrit par :  Régis BOYERMaurice CARREZÉdouard KAMINSKILucien MUSSETClaude NORDMANN

Dans le chapitre "L'ère de la grandeur"  : …  deux siècles, toute l'Islande s'est mise à écrire sur tous les sujets en usage à l'époque et, *en ce qui concerne les textes eddiques et scaldiques en particulier, il est presque impossible, dans la plupart des cas, de décider s'ils ont été fidèlement retranscrits selon une tradition orale bien vivante, ou s'ils ne l'ont que partiellement été… Lire la suite
KALEVALA

Écrit par :  Régis BOYER

Dans le chapitre "L'apport scandinave"  : …  de deux Vikings célèbres, Ahti et Kauko. Dresser un tableau des ressemblances entre poèmes de* l'Edda et Kalevala fournirait un bilan impressionnant. Le grand mètre eddique, le fornyrdislag, a pu dicter le vers à quatre temps forts des chants finlandais ; l'Edda baigne tout entière, elle aussi, dans la… Lire la suite
LOKI

Écrit par :  Régis BOYER

… *Dans la mythologie du Nord, Loki est le dieu du Mal. Mais cette définition est peu éclairante, car la conception que l'on peut se faire du « mal » varie infiniment avec les lieux, les époques, les hommes, les cultures ; et, comme le Nord présente un phénomène caractérisé de brassage (de peuples et d'influences surtout), il est presque décourageant… Lire la suite
MYTHOLOGIES - Dieux des peuples "barbares"

Écrit par :  Régis BOYERPierre-Yves LAMBERT Universalis

Dans le chapitre "Mythologie germano-nordique"  : …  raison, avant tout, de l'indigence des documents dont nous disposons. Nos sources principales, les *Eddas (Edda poétiquexiie siècle, Edda de Snorri Sturluson, env. 1220) sont trop récentes et imprégnées de christianisme ; et tous les autres témoins (archéologiques et runiques ; écrits non germaniques) posent… Lire la suite
NIBELUNGEN

Écrit par :  Pierre SERVANTGeorges ZINK

Dans le chapitre "Les témoignages nordiques"  : …  ancien des scaldes norvégiens connus, y fait déjà allusion vers 850 ; la plupart des chants de l'*Edda s'en inspirent ; Snorri Sturluson en donne un bref résumé dans son Edda en prose ; elles sont relatées avec force détails dans la Völsungasaga et, dans certaines régions, les ballades populaires en ont gardé le… Lire la suite
NORVÈGE

Écrit par :  Marc AUCHETRégis BOYERGeorges CHABOTLucien MUSSETClaude NORDMANN

Dans le chapitre "Les débuts, jusqu'à la Réforme"  : …  ou consigné les textes que nous connaissons. Pourtant, il est probable que certains poèmes de l'*Edda sont, tout ou partie, d'origine norvégienne, notamment les Hávamál, les Grimnísmál, les Vaflthrudnísmál, l'Atlakvida, les Hamdismál et la Völundarkvida. Christianisée à partir de… Lire la suite
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Écrit par :  Régis BOYER

… *Le principal dieu ase de la mythologie scandinave s'appelle Odin et il est bien attesté également (Wotan) dans tout le domaine germanique continental et anglo-saxon (Woden). Il a donné son nom au mercredi (island., ódinsdagr ; vha., Wuotanesdac ; angl., wednesday ; suéd., onsdag), ce qui justifie l'identification… Lire la suite
RAGNARÖK

Écrit par :  Régis BOYER

… *Le Ragnarök ou Destin-des-Puissances (et non comme on le dit souvent, en lisant « Ragnarøkr » : Crépuscule-des-Puissances) désigne l'ensemble de représentations apocalyptiques qui correspondaient, pour les anciens Germano-Nordiques, à la fin du monde. Quelles qu'en soient les causes (un parjure des dieux, sans doute, et la mort inexpiable de Baldr… Lire la suite
SNORRI STURLUSON (1179-1241)

Écrit par :  Régis BOYER

Dans le chapitre "Un maître écrivain"  : …  scalde islandais qui fut aussi un viking de premier ordre et un redoutable magicien ; l'*Edda en prose et la Heimskringla, toutes composées, vraisemblablement, entre 1222 et 1235. L'Edda dite en prose (parce qu'elle fond en un tout d'innombrables citations de poèmes et un long commentaire en prose) a sûrement été… Lire la suite
TYR, mythologie nord-germanique

Écrit par :  Régis BOYER

… *S'il faut chercher quel est, de tous les dieux que nomment les sources disponibles, celui qu'on peut tenir pour le plus authentiquement nordique (ou germanique), on doit sans hésiter répondre que c'est Tyr. Il est franchement pangermanique — caractéristique que, seule, la déesse Frigg partage avec lui — et a, d'ailleurs, donné son nom au mardi (… Lire la suite

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