6. Une politique de dévolution réussie
Si affaibli électoralement soit-il, le nationalisme écossais n'en reste pas moins une réalité, ne serait-ce que dans son opposition au gouvernement conservateur de Margaret Thatcher. Le triomphe électoral de Tony Blair et des travaillistes en 1997, qui s'accompagne de la perte de tous les sièges écossais du Parti conservateur, va changer la donne. Soucieux d'apporter une fois pour toutes une réponse à la question, le nouveau gouvernement organise, dans la foulée de son accession au pouvoir, un référendum portant sur la création d'un Parlement écossais doté de pouvoirs élargis, notamment en matière de fiscalité, d'éducation et de santé. Le oui l'emporte dans les formes requises, avec plus de 74 p. 100 des suffrages. Le mode de scrutin proportionnel retenu par Londres permet une juste représentation du Parti national écossais (Scottish National Party, S.N.P.), qui remporte 35 sièges lors des premières élections de mai 1999. Pour autant, l'exécutif du Parlement est assuré par une coalition formée des travaillistes (56 sièges) et des libéraux-démocrates (17 sièges), les conservateurs n'en recueillant que 18. Les élections de 2003 reconduisent la coalition. Depuis lors, le Parlement autonome écossais fonctionne de manière mature et responsable : la politique de dévolution est un succès, reconnu comme tel, et l'Écosse peut enfin assumer sa spécificité. Elle le démontre lors du scrutin de mai 2007 où, profitant de l'usure du pouvoir travailliste, le S.N.P. remporte les élections d'une courte majorité, tout en se trouvant dans l'obligation de former une coalition afin d'assumer la direction de l'exécutif régional dont Alex Salmond, le leader du S.N.P., prend la tête. Les indépendantistes sont, pour la première fois, en situation d'exercer la réalité du pouvoir et, ainsi, de démontrer leur capacité à gouverner l'Écosse pour la mener, à terme, vers une souveraineté recouvrée.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 8 pages…



