5. Les crises contemporaines
À partir de 1918, l'Écosse entre dans un cycle d'années difficiles. Les grandes industries qui avaient fait son renom, du charbonnage aux chantiers navals, déclinent et des taux de chômage très élevés caractérisent la région. De redoutables agitations sociales, comme la grève nationale de 1926, ne débouchent sur aucune amélioration. Pendant les années 1930, les Écossais sont particulièrement déçus par l'indigence des programmes d'aide aux régions « déprimées » ou « spéciales » ; la guerre seule, avec le déplacement d'entreprises et la création d'établissements dans les zones les moins exposées aux bombardements, apporte quelque changement ; ensuite, une politique de développement régional est poursuivie avec plus ou moins de constance. Les décennies les plus récentes ne constituent pas des époques dorées ; seul le secteur de la côte orientale est favorisé par l'essor pétrolier et, à partir des années 1970, a paru sur la route d'un développement accéléré.
C'est sur ce fond de grisaille économique que des idées nationalistes, soutenues longtemps par des groupuscules, prennent davantage corps. En février 1934, sous l'impulsion de John MacCormick, le Parti national écossais naît de la fusion de plusieurs organisations ; affaibli pendant la guerre, son action relayée un temps par une « Convention écossaise » qui, en 1948, se targue d'avoir réuni deux millions de signatures au bas d'un Covenant en faveur de l'indépendance, il reprend un nouveau souffle dans les années 1960, réunit alors plus de 100 000 militants, remporte le siège de Hamilton en 1967 à l'occasion d'une élection partielle, et, surtout, lors des deux élections générales de 1974, obtient respectivement 21,9 puis 30,4 p. 100 des suffrages écossais, onze sièges à Westminster et l'espoir fou de faire triompher enfin la cause de la souveraineté écossaise. En 1979, la concession, arrachée au gouvernement travailliste, d'une dévolution partielle de pouvoirs à une Assemblée écossaise paraît trop limitée aux nationalistes, excessive aux « unionistes », d'où un fort taux d'abstentions ; malgré 51,6 p. 100 de « oui » au référendum du 1er mars, le vote positif est inférieur aux 40 p. 100 d'électeurs inscrits qui devaient constituer la base d'une approbation valide. C'est l'amorce d'une crise du nationalisme écossais que confirment les scrutins législatifs ultérieurs avec un nombre de voix inférieur, en 1983, de moitié à celui de 1974 et un laminage identique en juin 1987 (3 députés nationalistes élus).
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