1. Redressement du commerce mondial
La demande mondiale en biens et services a connu un rebond spectaculaire de + 11,4 p. 100 en 2010 après une contraction historique de — 11,0 p. 100 l'année précédente. Le commerce mondial avait en fait commencé de nettement rebondir dès l'été de 2009, tiré par les importations des pays émergents et plus particulièrement celles des pays asiatiques. Le rôle moteur dans ce phénomène revenait à la demande chinoise, qui avait été soutenue par la mise en œuvre d'un plan de relance de 4 000 milliards de yuans (585 milliards de dollars) et par l'assouplissement des conditions d'accès au crédit. Cette année, le commerce mondial a également fortement bénéficié de la reconstitution des stocks par les entreprises au sortir du bas de cycle enregistré en 2009.
• Les deux géants économiques
L'économie chinoise a confirmé son dynamisme gargantuesque, affichant un taux de croissance proche de 10 p. 100. La croissance a reposé de nouveau sur l'investissement et les exportations. Ce boom, qui dure depuis une décennie, a entraîné un excès d'épargne en Chine, lequel se traduit désormais par l'accumulation d'environ 2 500 milliards de dollars de réserves de change. De l'autre côté du Pacifique, la croissance des États-Unis s'est établie à + 2,6 p. 100 après une nette contraction de — 2,6 p. 100 en 2009. Cette embellie a surtout résulté d'une forte remontée des investissements en biens d'équipement, alors que les investissements liés au secteur de la construction ont plongé suite a l'éclatement de la bulle immobilière. En revanche, le dynamisme des exportations n'ayant pu compenser celui des importations, et ce malgré la baisse du dollar, la contribution des échanges extérieurs à la croissance a été négative. La consommation des ménages s'est bien tenue mais sans exubérance aucune. Elle a été pénalisée par un taux de chômage encore très élevé (à près de 10 p. 100) et la remontée poussive du taux d'épargne. Déjà au plus bas en ce qui concerne son taux de refinancement, qu'elle a maintenu à 0,25 p. 100, la Réserve fédérale a mis en place une deuxième phase d'assouplissement quantitatif : elle s'est engagée a investir à hauteur de 600 milliards de dollars en obligations du Trésor américaines afin de favoriser l'amélioration des conditions de crédit.
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