1. Une onde de choc financière venue des États-Unis
La croissance américaine, jusqu'alors haute en couleur, a manifesté des signes nets d'essoufflement, s'affaissant à seulement 1,9 p. 100 après 2,9 p. 100 en 2006. Le marché immobilier s'est nettement infléchi : le prix moyen des maisons aux États-Unis a perdu 5 p. 100 en rythme annuel, après une hausse quasi continue depuis vingt ans et un emballement depuis dix ans. Ce repli a entraîné dans son sillage un ralentissement de la consommation des ménages et un fléchissement de l'investissement résidentiel.
C'est dans ce contexte que la crise dite du subprime a éclaté pendant l'été de 2007, à la suite du très fort repli des prêts hypothécaires qui avaient été octroyés aux ménages américains à la solvabilité fragile. L'assouplissement des conditions bancaires aux États-Unis avait en effet permis à ce type de ménages, auparavant évincés du marché du crédit hypothécaire, d'accéder à la propriété. Mais la conjonction de la baisse des prix de l'immobilier et de la hausse des taux d'intérêt – les crédits hypothécaires sont ordinairement conclus aux États-Unis avec un taux variable – a entraîné l'incapacité pour certains emprunteurs de rembourser leurs mensualités. L'afflux de biens immobiliers saisis qui ont été mis en vente a alors pesé fortement sur le marché, occasionnant la faillite de plusieurs institutions financières engagées dans des activités de prêts hypothécaires à risque.
Cependant, en raison de l'internationalisation croissante de la finance, les effets de la crise se sont étendus au-delà du marché immobilier américain et se sont propagés non seulement à d'autres zones géographiques, mais aussi à d'autres classes d'actifs que l'immobilier. En effet, via le mécanisme financier de titrisation, les créances hypothécaires sur les ménages américains ont été transformées en titres négociables, lesquels ont été souscrits par des investisseurs à travers le monde. Ces derniers ont réévalué à la hausse les risques de leurs portefeui […]
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