Jusqu'au milieu du printemps de 2003, l'économie mondiale a vécu à l'ombre des tensions géopolitiques, les incertitudes liées au conflit irakien continuant de favoriser les comportements attentistes des agents et de tendre les prix sur les marchés pétroliers. La rapidité de la guerre a permis, sur le moment, une détente des cours du pétrole et un regain de confiance, quoique modeste, chez les entreprises et les ménages.
Au-delà de ces tensions internationales, les écarts de conjoncture entre les grandes zones ont persisté et se sont même accrus. Les États-Unis et, de manière plus inattendue, le Japon ont affiché une reprise de leur croissance dès le printemps, mais la zone euro est restée très en retrait, et la plupart des grands pays européens ont même connu quelques trimestres de contraction de leur activité. Cet écart de croissance qui a été spectaculaire à l'automne, atteignant environ 8 p. 100 en rythme annualisé, s'est globalement expliqué par différents facteurs, au premier rang desquels l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar, qui obérait la compétitivité des entreprises européennes, et des politiques monétaire et budgétaire plus expansives de l'autre côté de l'Atlantique.
1. Les États-Unis ont été le fer de lance de la croissance
Rien au début de l'année ne laissait imaginer que l'activité américaine connaîtrait une telle accélération. Au cours de l'hiver, le produit intérieur brut (P.I.B.) avait progressé au rythme annualisé de 2 p. 100 : une performance significative, mais au-dessous du rythme potentiel de l'économie américaine (celui qui serait atteint si tous les moyens de production – emploi et capital – étaient pleinement utilisés), qu'il est admis d'évaluer à quelque 3 p. 100. Dès le printemps, le taux de croissance a véritablement décollé pour atteindre 4 p. 100 en rythme annuel, et 8 p. 100 à l'été, bien au-dessus du potentiel.
Un tel dynamisme s'explique par différents facteurs.
L'activité a été incontestablement soutenue par la consommation des ménages, une composante clef de […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…




