4. Situation contrastée dans les autres régions en développement
L'Europe de l'Est a globalement réussi, elle aussi, à émerger de la récession provoquée par la crise financière de 1998. Dans le cas de la Russie, l'impact de la dépréciation du rouble a été renforcé par le doublement (en moyenne annuelle) du prix du pétrole, qui a propulsé l'excédent courant à des sommets et permis d'assainir substantiellement les finances publiques. La reprise de l'économie russe a contribué au redressement des économies d'Europe centrale, dont l'activité est tirée par le dynamisme des marchés d'Europe de l'Ouest. La perspective de l'adhésion à l'Union européenne, qui semble se rapprocher à l'issue du sommet de Nice de décembre 2000, renforce l'intérêt de ces pays pour les investisseurs étrangers. Le gonflement du déficit courant, qui est la contrepartie de l'afflux de capitaux, est particulièrement marqué dans les pays Baltes, en Pologne, en Bulgarie et en Slovaquie, et exige d'ores et déjà des mesures correctrices.
La situation de l'Amérique latine est plus contrastée. Au Brésil, et plus nettement encore au Chili et au Mexique, l'activité s'est accélérée en 2000, alimentée par une demande intérieure qui vient renforcer la contribution positive des échanges extérieurs. Stimulées par la dépréciation passée des taux de change, les exportations ont bénéficié du dynamisme de la demande mondiale et tout particulièrement du marché américain. L'affranchissement de la contrainte de change, rendue effective par le passage aux changes flottants, semble avoir joué un rôle déterminant dans la reprise. Une illustration a contrario est fournie par l'Argentine où la reprise reste handicapée par la loi de convertibilité, qui fixe de façon absolue le taux de change. En fin d'année, la combinaison de tendances déflationnistes et d'un déficit courant encore important suscitait une nouvelle vague de défiance financière. Afin d'éviter un défaut de paiement ou une dévaluation, un plan de sauvetage de l'ordre de 40 milliards de dollars deva […]
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