5. Rebond conjoncturel et incertitudes structurelles en Europe
Techniquement réussi, le lancement en janvier de 1999 de la monnaie unique européenne s'est accompagné d'une dépréciation continue de l'euro au premier semestre, suivie d'une stabilisation à un niveau proche de la parité avec le dollar dans la seconde partie de l'année. L'effet structurel de diversification des portefeuilles, qui devait selon de nombreux analystes favoriser l'euro, n'a guère joué à ce stade. En revanche, l'écart conjoncturel persistant avec les États-Unis et les différentiels de rendement sur les placements à court terme ont encouragé un désengagement de la monnaie européenne. Par ailleurs, les incertitudes sur l'orientation de la politique économique allemande ont pesé sur la parité de l'euro. Des réactions et déclarations peu compatibles avec la logique de l'intégration européenne (lors de l'O.P.A. du groupe britannique Vodafone Airtouch sur le groupe allemand Mannesmann, par exemple, ou du sauvetage public du groupe Philipp Holzmann, ou encore lors des débats sur l'instauration d'une taxe européenne sur les revenus de l'épargne) ont porté atteinte à la crédibilité même de l'union monétaire tout en entretenant la nostalgie de l'opinion allemande pour le deutsche Mark.
Masqués en partie par les avancées de la présidence finlandaise au second semestre (qui succédait elle-même à une présidence allemande peu brillante), ces problèmes risquent de resurgir, voire de s'aiguiser, avec l'accélération des restructurations à l'échelle européenne, suscitant défiance et attentisme à l'encontre de la monnaie européenne. La dépréciation de l'euro est toutefois loin de ne susciter que des inquiétudes. Conjuguée à l'accélération continue du commerce mondial, elle a en effet soutenu efficacement la reprise européenne tout au long de l'année, permettant notamment aux économies allemande et italienne, les plus pénalisées par la crise des économies émergentes, de redémarrer au second semestre. Simultanément, l'économie britannique émergeait […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…



