2. Une nouvelle étape pour l'Europe
« Si l'Union économique et monétaire fonctionne bien pour l'Europe, elle en fera autant pour les États-Unis. Plus la monnaie unique aidera l'Europe à se doter d'une économie robuste, saine et ouverte sur les marchés mondiaux, plus ce projet sera le bienvenu ». Ces propos du sous-secrétaire américain au Trésor Lawrence Summers, le 21 octobre, devant une commission du Congrès, marquaient un revirement de l'attitude de Washington à l'égard de l'Union économique et monétaire (U.E.M.). Eurosceptique à sa manière, l'Amérique craignait qu'un échec du projet n'eût, pour elle-même, des répercussions fâcheuses.
La marche vers la monnaie unique a effectivement constitué le point focal de l'actualité européenne en 1997. La Commission de Bruxelles a estimé en octobre que onze États membres pourraient faire partie du premier « train » de l'euro, à la création de ce dernier le 1er janvier 1999. Faisaient exception les trois pays qui ont réservé leur décision à ce sujet, le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark, ainsi que la Grèce, dont les progrès sur le chemin de la convergence étaient encore insuffisants.
L'accord définitif sur le pacte de stabilité et de croissance, qui a permis de boucler le cadrage politique, juridique et technique au dossier de l'euro, a par ailleurs été un des principaux acquis du Conseil européen d'Amsterdam au terme duquel les Quinze ont conclu, le 18 juin, un nouveau traité pour l'Union. Les ministres des Finances ont adopté le 17 novembre à Bruxelles le principe de la création d'un Conseil de l'euro, un organisme informel qui sera chargé de la coordination des politiques économiques après le 1er janvier 1999.
En revanche, les chefs d'État et de gouvernement n'ont pas réussi à s'entendre sur la réforme des institutions préalable au futur élargissement à l'Est. Ils ont toutefois entériné le 13 décembre à Luxembourg la proposition de la Commission d'ouvrir des négociations en vue de l'adhésion de six pays : la Hongrie, la Pologn […]
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