9. Afrique : à la recherche de la rigueur financière
Sur le plan institutionnel, le principal événement pour l'Afrique a été l'élection d'un nouveau président de la Banque africaine de développement (B.A.D.), pour remplacer le Sénégalais Babacar N'Diaye, qui avait été en poste pendant dix ans. Le Marocain Omar Kabbaj, qui était soutenu par la France, a été élu le 26 août, l'emportant sur le candidat du Lesotho appuyé par Washington. La décote du crédit de la B.A.D., annoncée quatre jours plus tard par l'agence américaine de notation financière Standard & Poor's, a souligné les difficultés qui attendaient ce nouveau dirigeant pour redresser les comptes d'une institution longtemps affectée par des sureffectifs et le clientélisme. Un document interne, le rapport Knox, avait dénoncé en 1994 la mauvaise qualité des prêts de la B.A.D., imputée à des pressions politiques elles-mêmes responsables d'une « inflation des chefs » et de conflits d'intérêts entre actionnaires. La reprise en main de l'établissement s'inscrivait dans la ligne de la rigueur financière adoptée par la majorité des membres de la communauté internationale.
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