4. La reprise en main de l'aide au développement
Un décès et un anniversaire ont été, en 1995, l'occasion pour les États-Unis de donner une impulsion plus volontariste à l'aide au développement. La mort du président de la Banque mondiale, Lewis Preston, le 4 mai, a marqué la fin d'une première étape dans le resserrement de la gestion de cette institution et le début d'une ère nouvelle. Le président américain, à qui il appartient de désigner le président du plus gros prêteur mondial, a fait appel à James Wolfensohn, financier (il présidait une banque d'affaires portant son nom) et animateur culturel (il dirigeait le Kennedy Center de Washington). Ayant pris ses fonctions le 1er juin, il a dévoilé quatre mois plus tard les grandes lignes d'un plan de réformes qui prévoit notamment de porter de trois à cinq le nombre de directeurs généraux, pour mieux coordonner et contrôler les activités des dix-neuf vice-présidents (eux-mêmes à la tête d'autant de « baronnies », selon certains).
Lors du cinquantième anniversaire des Nations unies, le 26 juin, le président Clinton a réaffirmé l'engagement des États-Unis à leur égard. Mais dix jours auparavant, au sommet de Halifax, il avait fait adopter, sous la pression du Congrès, la décision de réexaminer le rôle de la C.N.U.C.E.D. (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), de l'O.N.U.D.I. (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) et des commissions économiques régionales. À Washington, on reprochait aux deux premières d'avoir privilégié les aspects idéologiques du développement aux dépens des principes de l'économie de marché. Les contraintes budgétaires américaines ajoutaient aux incertitudes planant désormais sur l'avenir de ces institutions.
Quelques mois après avoir pris ses nouvelles fonctions, James Wolfensohn s'est trouvé mêlé à une controverse entre son organisation et le F.M.I. Une « fuite » dans la presse britannique a fait état, le 14 septembre, d'un projet de la Banque mondial […]
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