Le ralentissement de la croissance dans les principaux pays industrialisés au cours des derniers mois de 1995 a donné une vision réductrice de la situation économique internationale, en ce qui concerne tant le bilan que les perspectives. Même si les chiffres devaient être ajustés en fonction de ces derniers développements, les estimations que le F.M.I. a publiées en octobre ont donné une idée plutôt rassurante de la croissance mondiale : après 2,5 p. 100 en 1993 et 3,1 p. 100 en 1994, il était question de 3,7 p. 100 pour 1995 et de 4,1 p. 100 pour 1996.
Mais le phénomène le plus intéressant était d'ordre plus fondamental. Cinq ans après la disparition de l'Union soviétique, la nouvelle donne économique planétaire est maintenant en place. En dehors de quelques îlots de résistance, en Asie centrale ou en Amérique latine, la règle du jeu capitalistique est universellement admise. Cela n'empêche pas de sensibles différences de comportement d'un pays à l'autre, ou entre les régions du monde. On peut les appréhender en considérant le laps de temps écoulé entre les manifestations des dysfonctionnements économiques (qu'ils soient systémiques ou macroéconomiques) et la période initiale de l'ajustement. Cette considération est évidente pour les anciennes démocraties populaires ou les pays soumis à l'ajustement structurel du F.M.I., mais elle est valable également pour les pays industrialisés. Le caractère plus ou moins précoce des ajustements nécessaires apparaît comme le meilleur symptôme de la vitalité économique. Les pays européens en ont fait la démonstration en 1995 au sujet de l'Union économique et monétaire.
Dans ses Perspectives économiques, publiées en décembre 1995, l'O.C.D.E. note : « La réduction des déficits budgétaires est à l'ordre du jour dans la plupart des pays en développement. » Ces déficits ont été accumulés depuis la fin des années 1980 en Europe et en Amérique du Nord par des gouvernements dont l'horizon semblait se limiter à celui des prochaines élections. Leurs successeurs ont dû fai […]
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