6. Les pays de l'Est au plus profond de la crise
« La chute de la production dans les anciens pays communistes d'Europe est comparable à celle que les pays industrialisés ont connue lors de la grande dépression de 1929. » Ces propos, tenus en septembre 1992 par Wilfried Thalwitz, vice-président de la Banque mondiale, semblent alors corroborés par les chiffres publiés à la fin de l'année par le Fonds monétaire international. L'activité économique de ces pays a en effet subi, en 1992, une régression estimée à 17,2 p. 100, 0,4 point de plus que la projection indiquée trois mois auparavant. En 1991, la baisse avait été de 9,7 p. 100. Une tendance au redressement n'en était pas moins perceptible, puisque les experts du F.M.I. prévoyaient que le recul se limiterait en 1993 à quelque 5,4 p. 100.
Selon l'Institut de Vienne pour les comparaisons économiques internationales (W.I.I.W.), le recul subi par ces pays s'explique en partie par les effets négatifs des programmes anti-inflation qu'ils se sont imposés. « Sous le prétexte de sauver le marché, la stabilisation en compromet l'émergence. Le remède tue le malade », a affirmé Raimund Dietz, un économiste du W.I.I.W., dans un rapport publié au début de septembre. Le chapitre consacré à ces pays dans les Perspectives de l'O.C.D.E. (décembre 1992) était plus nuancé. « Dans les pays où les réformes sont le plus avancées – Hongrie, Pologne et République fédérative tchèque et slovaque (R.F.T.S.) –, il semblerait que la production ait cessé de se contracter et que l'inflation continue de reculer. » Les experts du château de la Muette reconnaissaient par ailleurs que, « en Bulgarie et en Roumanie, la stabilisation macroéconomique s'avère plus difficile » et que, « dans les nouveaux États indépendants de l'ex-U.R.S.S. (N.E.I.), les conditions préalables à la mise en œuvre d'une véritable politique de stabilisation ne sont pas encore réunies. »
À l'exception de la Roumanie, la croissance des exportations – en particulier de matières premières et d […]
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