4. Le combat pour l'union monétaire
En dépit de ce distinguo, le gouvernement britannique marquait toute la distance qui le séparait désormais de la rigueur assignée aux pays engagés en direction de l'Union économique et monétaire. Le traité de Maastricht, dont c'était la principale disposition, a été signé le 7 février 1992. La ratification par les douze États membres de la Communauté européenne (C.E.) ne semblait pas devoir poser problème. Il a fallu déchanter avec son rejet, le 2 juin, par 50,7 p. 100 des Danois consultés par référendum. La décision annoncée le lendemain par François Mitterrand d'adopter la même procédure en France a aussitôt créé un climat d'incertitudes. L'enjeu de la consultation a rapidement dévié en effet vers le terrain politique : elle se présentait désormais pour certains comme un plébiscite pour l'action du président de la République, compromettant la cause de l'Europe dans un pays qui jusqu'alors en avait été un des plus fermes soutiens. Le parti que pouvait en prendre la spéculation monétaire a été intensifié par la décision de la Bundesbank de porter le taux d'escompte au niveau record de 8,75 p. 100. Le renforcement du deutsche Mark qui en est résulté ne pouvait que fragiliser les devises les plus faibles du S.M.E. Une probabilité renforcée par les sondages d'opinion indiquant, en juillet et août, que plus de 50 p. 100 des Français étaient en faveur du non.
Les premiers doutes sur la validité de la démarche adoptée à Maastricht avaient été formulés par un rapport de la Banque des règlements internationaux (B.R.I.). Ce document, rendu public le 15 juin, qualifiait de « douteuse » la proposition selon laquelle « une union monétaire considérée essentiellement comme un tremplin vers l'union politique devrait être présentée comme le développement nécessaire du programme de réalisation du marché intérieur ».
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