10. Difficile intégration en Amérique latine
Les problèmes sont passés de l'endettement aux échanges, constate un rapport du Système économique latino-américain (S.E.L.A.), publié au début de novembre 1992. Les pays de la région ont en effet été pénalisés par la récession qui se prolongeait aux États-Unis, leur principal débouché, et en Europe. Ces difficultés ont affecté la dynamique de l'intégration régionale sur laquelle ils comptaient pour consolider les acquis de leur rétablissement économique.
Dans son bulletin de décembre, la banque Paribas a souligné que les performances les plus spectaculaires ne sont pas nécessairement les plus probantes. En effet, « le renouveau de la région s'exprime par l'explosion de certaines places financières locales dopées par les programmes de privatisation et les mesures encourageant les investissements étrangers, et par le redressement de la dette sur le marché secondaire ». Le redémarrage a fait suite aux « médiocres performances » enregistrées entre 1987 et 1990, si bien que la reprise ultérieure a été, en grande partie, un phénomène de rattrapage.
Les flux nets de capitaux sont redevenus positifs, depuis 1991, pour l'Amérique latine, et leur plus grande partie est désormais composée de capitaux privés ; ceux-ci offrent de meilleures garanties de rentabilité que les capitaux publics, consacrés le plus souvent à de vastes programmes dont l'utilité n'était pas démontrée.
La difficulté à réaliser l'intégration s'est manifestée à travers le projet le plus ambitieux en la matière. Le Mercosur, né en 1990, visait à créer une union douanière englobant le Brésil, l'Argentine (liés entre eux par un accord de libre-échange), l'Uruguay et le Paraguay : soit un ensemble de quelque deux cents millions d'habitants qui se partageaient un P.N.B d'environ 450 milliards de dollars. La viabilité de ce vaste marché est apparue compromise par un manque de coordination et d'harmonisation des politiques économiques. Des quatre partenaires, seule l'Argentine est pa […]
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