1. Un cycle économique atypique
La longueur inhabituelle du ralentissement économique a contribué à entretenir une attitude attentiste de la part des consommateurs, ce qui ne pouvait que se répercuter sur les décisions d'investissement. Depuis la dernière guerre, la durée des récessions a été généralement inférieure à un an ; celle qui est apparue aux États-Unis au début de la crise du Golfe aura, à la fin du troisième trimestre 1992, duré plus de deux ans. Toujours depuis le Seconde Guerre mondiale, la durée moyenne des périodes d'expansion a été de plus de trois ans, et la dernière fut particulièrement longue – près de neuf ans. Ce déséquilibre en faveur des phases fastes avait fini par accréditer l'idée que les progrès de la politique conjoncturelle étaient parvenus à « lisser » la courbe de croissance à moyen terme et que les cycles économiques appartenaient au passé.
Les circonstances des dernières années contribuaient encore à cette illusion. Les prémices d'une récession étaient apparues en 1989 dans les pays anglo-saxons avec un essoufflement de la consommation. Devenue réalité en 1990, elle devait pendant plus d'un an être épargnée à l'Europe, grâce à l'unification allemande. Celle-ci s'est traduite en 1991 par une croissance supplémentaire de 1,6 p. 100 pour la R.F.A. et de 0,5 p. 100 pour les autres pays de l'Europe occidentale. Ces derniers ont en effet largement profité des transferts massifs de Bonn en faveur des nouveaux Länder (correspondant à 5 points du P.N.B. ouest-allemand) et de la diminution des capacités exportatrices de l'Allemagne sur les marchés tiers.
La situation s'est inversée en 1992, la reprise dont les États-Unis ont alors bénéficié ne pouvant trouver d'écho chez leurs principaux partenaires. L'économie européenne a été freinée par le contrecoup de ce qui l'avait animée l'année précédente. La réaction est intervenue sous la forme des taux d'intérêt élevés de la Bundesbank, qui se sont répercutés sur ceux des autres pays participant au mécani […]
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