L'évaluation pour 1992 de la croissance économique dans le monde a donné lieu, au fil des mois, à plusieurs révisions en baisse. Aux déceptions et inquiétudes suscitées par ces ajustements s'est ajouté un certain malaise : il devenait évident que les modèles de croissance sur lesquels se fondaient les prévisions n'étaient plus fiables. La remise en cause portait autant sur l'analyse de la situation que sur les remèdes destinés à la redresser.
Ce constat concernait au premier chef les pays industrialisés, dont le Tiers Monde attendait toujours un regain d'activité pour atténuer ses propres difficultés. La situation de ce dernier présentait toutefois d'importants écarts. La sensible amélioration en Amérique latine contrastait avec la dérive de l'Afrique subsaharienne ; le dynamisme des « dragons » du Sud-Est asiatique ne se démentait pas, alors que le sous-continent indien ne progressait guère dans la lutte contre sa pauvreté. Quant aux pays de l'Europe de l'Est, l'aggravation des conditions de vie, en particulier dans les nouvelles républiques indépendantes de l'ex-U.R.S.S., s'est accompagnée d'un sujet d'espoir, celui d'avoir dépassé le creux de la vague.
À l'occasion de son assemblée annuelle, en septembre 1991, le Fonds monétaire international (F.M.I.) avait prévu pour l'économie mondiale une croissance de 1,75 p. 100 en 1992. Le rapport publié en vue de la réunion du Comité intérimaire, en avril, ne faisait plus état que de 1 p. 100. À la veille de Noël, fait exceptionnel, l'institution revenait à nouveau sur son pronostic, évaluant cette fois la croissance mondiale à 0,8 p. 100. Le recul était signalé pour tous les principaux pays – à l'exception notable des États-Unis, qui ont fait l'objet d'une révision en hausse – et groupes de pays. Les experts du F.M.I. percevaient toutefois, en matière d'inflation, une amélioration dans les pays industrialisés et en Europe de l'Est (ex-U.R.S.S. comprise).
Le marasme persistant a aggravé les déceptions entretenues par deux ann […]
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