2. La nouvelle crise pétrolière
Tel était le climat lorsque éclata brutalement, le 2 août 1990, la nouvelle crise du Moyen-Orient ; l'annexion du Koweït par l'Irak et l'état de guerre qui s'ensuivit devaient profondément secouer l'univers, sans que l'on pût, sur le moment, en évaluer toutes les conséquences, ni même estimer l'ampleur véritable du séisme.
Il était clair toutefois que le climat d'euphorie du premier semestre était vite oublié : les États-Unis se lançaient dans un effort de guerre sans précédent depuis la Corée et l'Indochine et les Bourses mondiales enregistraient une chute qui rappelait le krach d'octobre 1987. Le prix du baril de pétrole augmentait très vite de près de 30 p. 100 et des inquiétudes se manifestaient quant à la pérennité des approvisionnements pétroliers dans le moyen terme. L'élan des investisseurs semblait brisé, ne serait-ce que par l'anéantissement des espoirs concernant la baisse des taux d'intérêt, amorcée timidement au début de l'été.
Par la faute d'un dictateur irakien pratiquant la prise d'otages à grande échelle, le monde entrait à nouveau dans une phase de fortes turbulences, dont personne n'était capable de prédire l'ampleur ni la durée. L'ébranlement était profond, risquant même d'introduire de nouveaux désaccords entre Européens.
Reste qu'une page essentielle était tournée et que s'offraient, par-delà les circonstances angoissantes du moment, de solides motifs d'espérance. En effet, pour la première fois, l'O.N.U. jouait véritablement son rôle, en décidant à l'unanimité l'embargo contre l'agresseur irakien. Pour la première fois également, l'Union soviétique adoptait, dans le concert des nations, une attitude constructive. Un dialogue confiant était rétabli entre les deux Grands, le Royaume-Uni et la France apportant leur contribution à la consolidation de ce climat nouveau comme à la protection des pays modérés du Moyen-Orient. Enfin, les économies industrialisées paraissaient beaucoup moins vulnérables à cette crise pétrolière qu'ell […]
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