2. Monétarisme moderne et courbe de Phillips
Si Bodin ou Ricardo fondaient leur point de vue sur un raisonnement purement logique, les monétaristes contemporains s'appuient sur l'histoire économique récente pour défendre leur vision du libéralisme et combattre les thèses keynésiennes. Théoricien le plus représentatif du monétarisme, Milton Friedman (né en 1912) a étudié l'évolution des prix et la quantité de monnaie en circulation aux États-Unis entre 1867 et 1960 en collaboration avec Anna Schwartz (Une histoire monétaire des États-Unis, 1963). De ses travaux, il a tiré deux conclusions, qui sont le fondement du monétarisme moderne :
– à court terme, la vitesse de circulation de la monnaie est constante. Ce qui signifie que, au cours d'une année, un billet de banque sert à un nombre fixe d'utilisateurs ;
– en tout temps et en tout lieu, l'inflation est un phénomène monétaire.
Le monétarisme moderne, par rapport aux versions anciennes, tient compte de l'évolution de la nature de la monnaie qui est devenue totalement immatérielle. Alors que jusqu'en 1914, la monnaie était directement ou indirectement un métal, de nos jours, elle repose sur l'activité de crédit. La création de monnaie s'identifie à l'octroi d'un prêt par un organisme bancaire. À partir de là, Friedman considère que la demande de monnaie est relativement stable à court terme, même si elle ne correspond pas uniquement au besoin d'achats mais aussi au souhait de thésaurisation, tandis que l'offre de monnaie dépend des autorités monétaires. Il affirme que cette offre de monnaie ne peut influencer la demande et que les décisions des gestionnaires de la monnaie ne se traduisent que par une augmentation des prix.
Conçu en opposition frontale au keynésianisme, le monétarisme exprime cette opposition notamment dans son analyse du rôle de l'inflation. Dans le keynésianisme, l'inflation est impossible tant qu'il y a un sous-emploi significatif, et elle est anodine voire bénéfique quand elle accompagne la croissance. Le […]
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