2. La production et l'exploitation
Marx, identifiant la valeur au travail, peut concevoir la production comme une activité où le travailleur, d'une part, transmet au produit le travail contenu par les moyens de production (matières premières et instruments) et, d'autre part, incorpore à celui-ci son propre travail. La valeur d'un produit (M) est donc l'addition de travaux déjà effectués – du travail mort (C) – et d'un travail nouvellement effectué – du travail vivant (N) –, d'où l'équation de la production :
M = C + N.
Cette conception de la production est à la base de l'idée d'exploitation. Un travailleur a une force de travail : une capacité à fournir une quantité de travail dans un temps donné. Pour entretenir cette force, un travailleur doit consommer un panier de biens. Ce panier peut se réduire au minimum physiologique ou tenir compte de l'environnement géographique et climatique, d'us et coutumes, et de rapports de forces entre classes sociales. En tout cas, la valeur de la force de travail (W) est la valeur de ce panier, c'est-à-dire l'addition des valeurs des biens le composant. Si cette valeur est inférieure à celle qui est créée par un travailleur (N), il existe alors une plus-value (Pl) :
Pl = N — W
et l'équation de la production peut se réécrire :
M = C + (W + Pl).
Quand un non-travailleur accapare la plus-value produite par un travailleur, le premier exploite le second. Le degré d'exploitation est mesuré par le taux de plus-value Pl/W. Celui-ci peut s'élever de deux manières :
– Relativement. La valeur créée par le travailleur étant constante, celle de la force de travail baisse. Cette baisse peut être obtenue par une réduction des quantités de biens composant le panier consommé par le travailleur ou par une diminution de la valeur unitaire de ces biens, diminution qui, vu la production de la valeur, ne peut résulter que d'une amélioration des conditions de fabrication de ceux-ci.
– Absolument. La valeur de la force de travail étant constante, celle qui est cré […]
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