3. La critique marxiste
Philosophe de formation, Marx adhère aux idées communistes et, au contact de Friedrich Engels, s'intéresse à partir de 1844 à l'économie politique. Ses travaux (1847, Misère de la philosophie ; 1867-1883, Le Capital) sont solitaires et se situent à un moment où l'école classique ne produit guère d'idée nouvelle et avant que les premières analyses néo-classiques (1870-1880) ne sortent des milieux académiques. Marx fustige les thèses des socialistes et des anarchistes, notamment celles de Pierre Joseph Proudhon, en s'appuyant sur Ricardo. Puis il reproche à l'économie politique ricardienne d'être un discours bourgeois, sans aucune réflexion critique sur le système capitaliste. Ainsi le taux de profit est-il appréhendé comme une norme, non discutée, sur laquelle est construite la théorie des prix. L'origine du profit n'est pas expliquée. Outre la construction de l'Internationale, Marx consacre sa vie à l'élaboration d'une critique de l'économie politique. Il vise à mettre en évidence la nature du système capitaliste (une société de classes), montrer son caractère historique, et mettre au jour ses contradictions. Son œuvre, inachevée, sera poursuivie par ses disciples de la IIe Internationale.
S'inspirant de la logique hégélienne, Marx adopte une approche des échanges différente de celle des classiques et centre son analyse sur la circulation monétaire de telle sorte que, contrairement à Ricardo, il pose la question du profit indépendamment de la question des valeurs relatives des marchandises. Cela le conduit au concept de plus-value qu'il explique par l'existence d'un écart quantitatif entre la valeur d'usage de la force de travail (le temps durant lequel elle est employée par le capitaliste) et la valeur d'échange de la force de travail (le temps de travail dépensé pour produire les biens de consommation que l'ouvrier achète avec le salaire monétaire que lui verse le capitaliste). Ainsi Marx considère-t-il avoir découvert le secret du profit et de la dynamique du […]
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