4. Stabilité, adaptabilité et évolution des biocénoses
• Complexité et stabilité
À l'échelle de l'observation humaine, de nombreuses biocénoses paraissent stables : leurs caractéristiques structurales et dynamiques ne changent pas sensiblement d'une année à l'autre. Cette permanence résulte, comme pour tout système biologique, d'un équilibre dynamique entretenu par les individus, les flux de matière et d'énergie qui traversent le système.
Bien souvent, cependant, l'environnement d'une biocénose présente des irrégularités temporelles qui ne sont pas des variations cycliques normales : ce sont des perturbations que la biocénose répercute dans son fonctionnement. À chaque fois, elle est ainsi écartée de son état normal, mais est susceptible d'y revenir lorsque cesse la perturbation. Les mécanismes de régulation assurant ce retour peuvent être plus ou moins efficaces et l'on est donc conduit à étudier la capacité de stabilisation d'une biocénose en fonction de l'amplitude des perturbations qu'elle peut subir.
De manière générale, les variations de l'environnement ont pour conséquence la modification des cinétiques démographiques de certaines espèces, dont les effectifs sont ainsi augmentés ou diminués de façon inhabituelle. Les transferts trophiques auxquels participent ces espèces sont donc perturbés, ce qui peut avoir des conséquences en cascade au long des chaînes alimentaires. L'augmentation de la disponibilité en nutriments peut entraîner une augmentation d'abondance de toutes les espèces du réseau trophique, ou bénéficier surtout aux espèces situées au sommet du réseau, ou encore, à l'inverse, déstabiliser le réseau à travers des oscillations non amorties des abondances et entraîner ainsi la disparition des niveaux trophiques supérieurs. C'est le « paradoxe de l'enrichissement », constaté dans les cas d'eutrophisation.
Les modifications de l'environnement peuvent aussi venir en premier lieu du sommet du réseau trophique. Ainsi, la r […]
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