8. Sauver la biodiversité
Le fer de lance de cette structuration disciplinaire est la biologie de la conservation. Cette dernière, qui est une réponse de la communauté scientifique à la crise de la biodiversité, est mal nommée parce que sa vocation est largement et explicitement pluridisciplinaire. En effet, elle applique (et développe) les connaissances et les principes de l'écologie, de la biogéographie, de la génétique, de l'anthropologie, de l'économie, de la sociologie, du droit... au maintien de la biodiversité sur l'ensemble de la planète. En outre, même si la constellation de chercheurs qui ont contribué au développement de cette science (en majorité des biologistes des populations) se différencie de celle qui a milité en faveur de l'écologie de la restauration (en majorité des spécialistes des écosystèmes), force est de reconnaître que les objectifs de la première supposent la mobilisation des connaissances et des techniques de la seconde. De fait, c'est généralement la dégradation des milieux qui entraîne l'effondrement de la biodiversité : la restauration de ces derniers est donc une condition du succès des tentatives de renforcement de populations déclinantes ou de réintroduction d'espèces éteintes.
Agir sur la nature en s'inspirant de « ses » règles : c'est ce qu'entend promouvoir l'ingénierie écologique (cf. infra). On y reviendra, mais auparavant il est utile de rappeler une initiative originale, développée dans les années 1980 par les promoteurs de la biodiversité, qui représente une des voies possibles de la réintégration des sociétés humaines : le programme sur l'homme et la biosphère de l'U.N.E.S.C.O. ou programme M.A.B. (Man and Biosphere).
En 1971, un groupe de travail de ce programme lance l'idée de réserve de la biosphère. L'originalité du concept, par rapport à l'idée classique de réserve naturelle et à la philosophie qui prévalait à l'époque en matière de protection de la nature, est de prendre en compte simultanément les objectifs de conservation et le […]
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