4. École de Paris, école de New York, Cobra
Il n'est pas inutile de confronter les deux expressions « école de Paris » et « école de New York » pour évoquer l'effervescence des tendances abstraites internationales autour des années qui entourent la Seconde Guerre mondiale. On regroupe sous l'appellation « école de New York » les deux principaux champs de l'abstraction américaine : le Color Field, mené par Mark Rothko, et l'Action Painting, incarné par la personnalité de Jackson Pollock. Il est intéressant de souligner que certains artistes rattachés à cette école, comme Adolph Gottlieb (1903-1974), ont fait un passage à Paris durant leurs années de formation. De la même façon que leurs homologues parisiens, ces artistes abstraits ont mené des actions contre l'expansion du nazisme en Europe puis contre la politique du gouvernement américain (maccarthysme, début de la guerre du Vietnam). Si les passerelles entre les artistes de New York et ceux de Paris ne sont pas inexistantes, notamment au travers de la médiation opérée par certaines personnalités comme Marcel Duchamp, qui s'installa à New York à partir des années 1910, les deux écoles demeurent généralement affrontées dans l'écriture d'une histoire de l'art bipolaire.
De même, les tendances expressionnistes et abstraites qui font leur apparition dans le Paris des années 1940 peuvent être mises en rapport avec la naissance du groupe Cobra, un mouvement artistique actif entre 1948 et 1951 entre Copenhague, Bruxelles et Amsterdam, et dont l'objet était de mettre en évidence l'absurdité du clivage opéré par les contemporains entre figuration et abstraction. Ses plus célèbres représentants – Pierre Alechinsky (né en 1927), Karel Appel (1921-2006) et Jean-Michel Atlan (1913-1960) – sont aussi parfois considérés comme des figures associées à la seconde école de Paris, une ville où certains sont nés, et où la plupart ont travaillé et exposé au cours des années 1950.
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