À la fin du second Empire, la France prend conscience de son retard sur l'Allemagne en matière d'organisation scientifique. Une commission de savants se réunit, qui comprend de grands noms de la science française. Entre autres : Henri Milne-Edwards, Elie de Beaumont, Claude Bernard, Jules Quicherat, Michel Bréal, Alfred Maury. Une série de rapports sont adressés au ministre de l'Instruction publique, Victor Duruy. Ces évaluations aboutissent à la création de l'École pratique des hautes études, par décret impérial du 31 juillet 1868. L'École était dite pratique, parce que les élèves devaient participer activement à des travaux, différents selon la discipline : expérimentation scientifique en laboratoire, recherche sur le terrain, déchiffrement de sources manuscrites. Seconde originalité : chacun pouvait être admis à l'École, sans distinction d'âge, de nationalité, de diplôme, après un stage probatoire. Ainsi verra-t-on quelques préparateurs de laboratoire parvenir au Collège de France. L'École se composait de quatre sections : mathématiques, physique et chimie, sciences naturelles et physiologie, sciences philologiques et historiques. Une cinquième section, destinée aux sciences juridiques et économiques, créée par décret impérial du 30 janvier 1869, ne vit jamais le jour et son numéro d'ordre sera affecté ultérieurement à la section des sciences religieuses.
La première et la deuxième section ont été fermées par décret du 14 mars 1986. La section de mathématiques s'était auparavant illustrée en appelant Henri Poincaré à donner une « conférence » (c'est-à-dire un cours) et en publiant le Bulletin des sciences mathématiques. La troisième section coiffait des laboratoires installés à l'École normale supérieure, au Collège de France, parfois en province. Elle a poursuivi des recherches originales principalement dans trois branches du savoir : l'anthropologie physique, avec Paul Broca et ses successeurs ; la micropaléontologie, et ses effets sur la prospection pétrolière, avec Georges Deflandre ; l […]
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