L'Histoire avait donné rendez-vous à Billy Eckstine : il fut en effet le premier chanteur noir à « faire la une » du magazine américain Life. Rien ne prédisposait pourtant cet aimable chanteur de ballades et de romances commerciales à participer à l'épopée du jazz. Mais qui lui contesterait l'éclatante audace d'avoir, avant tout le monde, cru au succès public du bop et d'avoir, pendant plus de trois ans, rassemblé dans un orchestre devenu légendaire l'élite de l'avant-garde be-bop de l'époque ? C'est moins pour son talent personnel que pour avoir eu le courage d'oser que Billy Eckstine a empoché son passeport pour la gloire.
William Clarence Eckstein, dit « Billy » Eckstine (ou encore « Mr B »), naît le 8 juillet 1914 à Pittsburgh (Pa.). Il fait ses études à Washington. Au début des années 1930, il remporte un concours de chant amateur. C'est sans doute ce qui décide de sa carrière. On le retrouve donc comme chanteur-animateur dans divers clubs de Buffalo, Detroit, Washington et Chicago. En 1939, il entre pour cinq ans dans l'orchestre d'Earl Hines. Billy Eckstine en devient rapidement l'attraction ; il sait en outre, à l'occasion, jouer de la trompette, de la gui […]
